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    Alors que la Coupe du Monde 2030 se déroulera en grande partie au Maroc, avec l’Espagne et le Portugal comme pays coorganisateurs, une question mérite d’être posée : la Tunisie est-elle en train de préparer sa place dans cet événement historique qui se déroulera à quelques centaines de kilomètres de ses côtes ?

    Car si aucun match officiel n’est prévu sur le territoire tunisien, le Mondial représente néanmoins une opportunité économique, touristique et sportive exceptionnelle que le pays pourrait exploiter. Encore faut-il mettre en place une véritable stratégie.

    Un événement mondial aux portes de la Tunisie

    La Coupe du Monde est l’événement sportif le plus suivi au monde. Des millions de supporters, des milliers de journalistes, des délégations sportives, des sponsors internationaux et des investisseurs se déplacent durant plusieurs semaines.

    Pour le Maroc, l’organisation du tournoi constitue déjà un gigantesque chantier national. De nouveaux stades sont construits, les infrastructures de transport sont modernisées et les capacités hôtelières sont renforcées afin de répondre aux exigences de la FIFA.

    Mais qu’en est-il de la Tunisie ?

    Pour l’instant, aucune stratégie nationale d’envergure liée directement au Mondial 2030 n’a été officiellement présentée. Pourtant, la proximité géographique avec le Maroc pourrait permettre au pays de bénéficier indirectement de l’événement.

    Devenir une base d’entraînement pour les sélections nationales

    L’une des opportunités les plus évidentes concerne l’accueil des stages de préparation des équipes participantes.

    Avant le début d’une Coupe du Monde, de nombreuses sélections recherchent des lieux d’entraînement offrant :

    • des infrastructures sportives de qualité ;
    • un climat favorable ;
    • des conditions de sécurité optimales ;
    • des coûts maîtrisés.

    La Tunisie possède plusieurs atouts dans ce domaine.

    Des villes comme Hammamet, Sousse, Monastir, Djerba ou Tunis disposent déjà d’importantes capacités hôtelières et d’installations sportives qui pourraient être modernisées afin de répondre aux standards internationaux.

    En développant quelques centres d’entraînement de haut niveau, le pays pourrait attirer plusieurs équipes nationales durant les semaines précédant la compétition.

    Un levier pour moderniser les infrastructures sportives

    Au-delà de la Coupe du Monde elle-même, un programme d’investissement dans les infrastructures sportives pourrait avoir des retombées durables.

    La création de centres sportifs modernes permettrait notamment :

    • d’améliorer les conditions de préparation des athlètes tunisiens ;
    • d’accueillir des stages de clubs européens durant l’hiver ;
    • de développer le tourisme sportif ;
    • d’attirer des compétitions internationales.

    De nombreux pays ont utilisé de grands événements sportifs comme accélérateurs de modernisation. Même sans être pays hôte, la Tunisie pourrait profiter de la dynamique créée autour du Mondial 2030 pour renforcer son attractivité sportive.

    Une opportunité touristique sous-estimée

    Le secteur touristique pourrait également tirer profit de la compétition.

    Chaque Coupe du Monde génère d’importants flux de visiteurs internationaux. Certains supporters recherchent des destinations plus abordables que les villes hôtes, tandis que d’autres souhaitent prolonger leur séjour en découvrant de nouvelles destinations.

    Grâce à sa proximité avec le Maroc et à ses coûts généralement plus compétitifs, la Tunisie pourrait attirer une partie de ces visiteurs.

    Plusieurs initiatives pourraient être envisagées :

    • organisation de fan zones géantes ;
    • festivals culturels liés au football ;
    • retransmissions publiques des matchs ;
    • circuits touristiques spéciaux pour les supporters étrangers ;
    • partenariats avec les agences de voyage internationales.

    L’objectif serait de transformer l’engouement autour du Mondial en revenus touristiques supplémentaires.

    Le défi des transports

    Pour que cette stratégie fonctionne, l’amélioration de la connectivité aérienne sera essentielle.

    Des liaisons directes et fréquentes entre les principales villes tunisiennes et marocaines pourraient faciliter les déplacements des supporters, des journalistes et des délégations.

    Une meilleure coordination entre les compagnies aériennes, les agences de voyage et les autorités touristiques pourrait permettre à la Tunisie de s’intégrer davantage à l’écosystème économique du Mondial.

    Quatre années pour agir

    Le principal obstacle reste le temps.

    À seulement quatre ans de la compétition, les décisions stratégiques doivent être prises rapidement si la Tunisie souhaite profiter pleinement de l’événement.

    Les investissements dans les infrastructures sportives, les campagnes de promotion touristique et les partenariats internationaux nécessitent plusieurs années de préparation.

    Chaque année perdue réduit les chances de capter une part significative des retombées économiques liées au tournoi.

    Une occasion à ne pas laisser passer

    La Coupe du Monde 2030 représente bien plus qu’un simple événement sportif pour l’Afrique du Nord. Elle constitue une opportunité économique régionale majeure.

    Même sans accueillir de matchs officiels, la Tunisie dispose des atouts nécessaires pour devenir une destination complémentaire au Mondial : infrastructures touristiques développées, position géographique stratégique, climat favorable et savoir-faire reconnu dans le secteur hôtelier.

    La question n’est donc plus de savoir si la Tunisie peut bénéficier de la Coupe du Monde 2030, mais plutôt si elle saura mettre en place, à temps, une stratégie capable de transformer cette proximité géographique en véritable opportunité économique.

    Les quatre prochaines années seront déterminantes.