Être diplômé, avoir un grand réseau ou afficher une forte confiance en soi ne suffit pas pour réussir à la tête d’une entreprise. Une étude menée sur plusieurs années auprès de milliers de dirigeants met en avant quatre comportements qui distingueraient les leaders les plus performants.
Dans le monde de l’entreprise, une question revient souvent : qu’est-ce qui fait réellement la réussite d’un dirigeant ou d’un entrepreneur ?
Est-ce son parcours académique ? Ses relations ? Son charisme ? Sa confiance en lui ? Ou encore ses succès précédents ?
Une analyse publiée par Harvard Business Review, portant sur plusieurs années et sur plus de 17 000 évaluations de dirigeants et responsables, met plutôt l’accent sur des comportements concrets.
Selon cette analyse, les leaders les plus efficaces partagent quatre grandes caractéristiques : ils savent décider, mobiliser, s’adapter et tenir leurs engagements.
1. Décider avec fermeté et rapidité
Decisive Action : le premier comportement identifié est la capacité à prendre des décisions.
Dans un environnement économique où les informations évoluent rapidement, attendre d’avoir 100 % des données avant d’agir peut devenir un véritable piège.
Le bon dirigeant n’est pas nécessairement celui qui prend toujours la bonne décision du premier coup. C’est surtout celui qui est capable de décider, d’assumer son choix et de corriger rapidement le tir lorsque cela devient nécessaire.
À l’inverse, l’« analysis paralysis », cette tendance à analyser indéfiniment avant de passer à l’action, peut faire perdre des opportunités.
Dans le business, une décision perfectible peut parfois être corrigée. Une absence de décision, elle, peut coûter beaucoup plus cher.
2. Savoir mobiliser les bonnes personnes
La réussite d’un projet ne repose jamais uniquement sur son dirigeant.
Le deuxième comportement, Engage for Impact, concerne la capacité à impliquer les différentes parties prenantes : collaborateurs, clients, fournisseurs, partenaires ou investisseurs.
Un dirigeant efficace doit comprendre les attentes de chacun et surtout parvenir à aligner les intérêts individuels autour d’un objectif commun.
Il ne s’agit donc pas simplement de donner des ordres, mais de créer les conditions permettant aux équipes et aux partenaires de contribuer réellement à la réussite du projet.
Une entreprise avance plus vite lorsque ceux qui la composent comprennent où elle va et pourquoi.
3. S’adapter avant d’y être obligé
Troisième pilier : Adapt Proactively.
Le marché ne reste jamais immobile. Les habitudes des consommateurs changent, la technologie évolue, la concurrence apparaît là où on ne l’attendait pas et les modèles économiques peuvent rapidement devenir obsolètes.
Le dirigeant performant doit donc être capable de lire son environnement avant que le changement ne devienne une urgence.
Cela signifie parfois modifier une stratégie, revoir une offre, changer une organisation ou abandonner une idée qui ne fonctionne plus.
L’erreur n’est alors plus considérée comme une fin, mais comme une source d’apprentissage permettant de corriger et de progresser.
4. Tenir ses promesses et exécuter
Le quatrième comportement est peut-être le plus concret : Deliver Reliably.
Une excellente idée ne vaut pas grand-chose sans une bonne exécution.
On peut avoir une stratégie brillante, un produit innovant et un discours convaincant. Mais si les engagements ne sont pas respectés, si les délais ne sont pas tenus ou si la qualité promise n’est pas au rendez-vous, la confiance finit par disparaître.
Pour un client comme pour un partenaire, la fiabilité constitue donc un véritable capital.
Dire ce que l’on va faire est important. Faire ce que l’on a dit l’est encore davantage.
Le leadership ne se résume pas au charisme
Au final, cette approche propose une vision assez pragmatique du leadership.
Le dirigeant qui réussit n’est pas nécessairement celui qui parle le mieux, qui possède le plus de diplômes ou qui dispose du plus grand carnet d’adresses.
C’est celui qui est capable de prendre une décision, mobiliser son entourage, anticiper les changements et transformer ses décisions en résultats.
En quatre mots : décider, mobiliser, s’adapter et exécuter.
Et en Tunisie ?
Dans un environnement où les entrepreneurs et chefs d’entreprise doivent composer avec des marchés en évolution, des contraintes économiques et une concurrence de plus en plus forte, ces qualités prennent une dimension particulière.
À votre avis, quelle est la qualité indispensable d’un dirigeant ou d’un entrepreneur pour réussir en Tunisie ?
La vision ? La prise de décision ? La capacité à fédérer ? L’adaptation ? La rigueur dans l’exécution ? Ou encore l’intégrité et la confiance ?
Chefs d’entreprise, entrepreneurs et managers tunisiens : partagez votre expérience dans les commentaires.