Le couvert forestier tunisien continue de subir une pression importante. Le directeur général des forêts au ministère de l’Agriculture, Mohamed Naouel Ben Haha, a dressé un bilan préoccupant de la situation, tout en annonçant un renforcement des dispositifs de prévention pour la saison estivale.
Invité sur les ondes de la Radio Nationale, il a indiqué qu’environ 70 000 hectares de forêts ont été détruits par les incendies depuis la révolution de 2011. À ce chiffre s’ajoutent les dégradations liées aux insectes ravageurs qui affectent plusieurs essences méditerranéennes et fragilisent davantage les écosystèmes forestiers.
Reboisement et efforts de restauration
Face à ces pertes, des actions de restauration sont en cours. Une partie des zones touchées se régénère naturellement, tandis que d’autres nécessitent une intervention directe. Au cours des trois dernières années, les services forestiers ont procédé au reboisement de 10 000 hectares. Par ailleurs, 5 000 hectares supplémentaires ont été replantés grâce à la contribution d’associations et d’acteurs de la société civile.
Des plants et jeunes arbres ont également été distribués aux municipalités, aux agriculteurs et aux particuliers afin d’accélérer la reconstitution du couvert végétal à l’échelle nationale.
Dispositif de prévention renforcé pour l’été
À l’approche de la saison estivale, les autorités ont anticipé les risques d’incendie en renforçant plusieurs dispositifs : mobilisation des budgets nécessaires, ouverture et entretien de pistes forestières, création de points d’eau, aménagement de pare-feux et opérations de débroussaillage dans les zones les plus denses.
Un programme annuel d’intervention est mis en place en coordination avec la Protection civile et les services de sécurité. Une attention particulière est accordée aux zones dites “à haut risque”, notamment les forêts de Sejnane, Nefza, Tabarka et Aïn Draham, où les incendies sont récurrents. Le responsable a également souligné l’impact négatif des décharges sauvages dans certaines zones forestières, qui aggravent les départs de feu.
Par ailleurs, 107 incendies ont été enregistrés au mois de mai, principalement dans des zones agricoles dédiées aux céréales, avec des extensions vers les espaces forestiers voisins. Selon les autorités, la majorité des incendies reste d’origine humaine, qu’elle soit accidentelle ou volontaire, ce qui appelle à une vigilance accrue, notamment chez les agriculteurs.
Surveillance par drones : une nouvelle approche
Parmi les nouvelles mesures envisagées, le recours aux technologies de surveillance aérienne a été annoncé. Le ministère prévoit de collaborer avec des start-ups et des entreprises locales pour déployer des drones capables de détecter rapidement les départs de feu dans les zones sensibles. Cette approche vise à améliorer la réactivité des interventions et à limiter la propagation des incendies dès leurs premiers signes.