Alors que la Tunisie connaît une vague de chaleur exceptionnelle, l’impact sanitaire des températures élevées continue de susciter des interrogations. En l’absence de bilan officiel détaillé publié par les autorités sanitaires, certaines organisations médicales tentent d’évaluer l’ampleur de la situation à partir des informations recueillies sur le terrain.
Dans une publication diffusée mercredi 22 juillet 2026 sur les réseaux sociaux, le médecin et membre de l’Organisation tunisienne des jeunes médecins, Wajih Dhokkar, indique que l’organisation a établi une première estimation basée sur les remontées des jeunes médecins travaillant dans les établissements publics de santé.
Selon cette estimation, le nombre de décès qui pourraient être liés aux effets de la canicule, notamment les coups de chaleur et les complications provoquées par les fortes températures, se situerait entre 150 et 200 cas durant les derniers jours.

Des cas signalés dans plusieurs structures de santé
D’après Wajih Dhokkar, les situations rapportées concernent différents circuits de prise en charge médicale. Certains patients auraient été admis aux services des urgences avant de décéder, tandis que d’autres auraient été retrouvés à leur domicile après l’intervention des équipes du SAMU.
Le médecin évoque également des patients déjà hospitalisés pour d’autres problèmes de santé dont l’état aurait été aggravé par les conditions climatiques extrêmes, nécessitant parfois une prise en charge en réanimation.
Il a par ailleurs indiqué que plusieurs établissements hospitaliers ont été confrontés à des difficultés liées aux coupures d’électricité, tout en précisant que les services prioritaires, notamment les urgences et les unités de réanimation, ont continué à fonctionner.
Il a notamment cité l’hôpital Charles-Nicolle à Tunis, où certaines interruptions programmées auraient concerné des services médicaux non prioritaires.
Appel à davantage de données officielles
Face à l’absence de chiffres publics sur les conséquences humaines de la vague de chaleur, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins demande une communication plus régulière des autorités sanitaires afin de permettre un meilleur suivi de la situation.
L’organisation avait déjà appelé, dans un précédent communiqué, à la mise en place d’une cellule nationale de suivi, à la publication des données sanitaires liées à la canicule et au renforcement des moyens disponibles dans les établissements hospitaliers.
À ce stade, le ministère de la Santé n’a pas encore publié de bilan officiel détaillé concernant le nombre de décès ou d’hospitalisations directement liés aux fortes chaleurs enregistrées ces derniers jours en Tunisie.