Selon le recensement général de la population et de l’habitat de 2024, la couverture santé en Tunisie a atteint 81 %, soit huit Tunisiens sur dix. Ce chiffre englobe à la fois l’assurance contributive et les programmes d’aide sociale. Toutefois, près de 2,2 millions de personnes, soit environ 19 % de la population, demeurent sans aucune couverture maladie.


Une progression modeste en dix ans

En comparant ces résultats avec ceux de 2014, la progression est restée limitée, avec une augmentation de seulement 0,5 point de pourcentage (de 80,5 % à 81 %). Cette faible hausse témoigne d’une continuité dans les politiques sociales, bien que l’élargissement des programmes de soutien se fasse à un rythme lent.

La CNAM, pilier du système

La Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) constitue la pierre angulaire de l’assurance santé en Tunisie. D’après les chiffres de 2024, la CNAM couvre plus de 7,2 millions de personnes, soit 60,6 % de la population totale. Ce rôle central en fait le principal garant de l’accès aux soins pour la majorité des catégories professionnelles et sociales.

Le rôle des programmes d’aide sociale

Outre la CNAM, le programme « Aman Sociali » (Sécurité Sociale) assure une couverture santé à 18 % des Tunisiens. Les bénéficiaires se répartissent comme suit :

  • 6,9 % possèdent une carte de soins gratuits (AMG I).
  • 11,1 % bénéficient d’une carte de soins à tarifs réduits (AMG II).

Le reste de la couverture, soit 2,4 %, est assuré par des mutuelles et d’autres systèmes alternatifs.

Des disparités entre zones urbaines et rurales

Les données révèlent un écart notable entre les milieux urbains et ruraux. Le taux de couverture en ville est de 70,7 %, contre seulement 63,5 % à la campagne. Cette disparité met en lumière l’inégalité d’accès aux services de santé et les défis que l’État doit surmonter pour garantir l’équité sur tout le territoire.

Les femmes, mieux couvertes que les hommes

Le recensement de 2024 fait également état de différences de genre. Le taux de couverture des femmes atteint 85,3 %, contre 76,5 % pour les hommes. En conséquence, les hommes non couverts (23,5 %) sont nettement plus nombreux que les femmes (14,7 %).

Des défis majeurs persistent

Bien que huit Tunisiens sur dix aient une forme de couverture santé, l’exclusion des 19 % restants pose de sérieux problèmes en matière de droit à la santé et de justice sociale. Les inégalités entre zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre hommes et femmes, soulignent la nécessité de politiques plus inclusives et de réformes structurelles ciblant les catégories les plus vulnérables et marginalisées

By Amal