Refai Amal

Le vendredi 18 juillet 2025, la 37 ᵉ édition du Festival International de Nabeul a officiellement débuté au théâtre Plein Air Moncef Kort, sous un ciel étoilé et dans une ambiance chaleureuse.Une ambiance chargée d’émotions, où les visages des artistes rayonnaient de sourires rêveurs, tandis qu’ils avançaient vers la scène sous les applaudissements enthousiastes du public.
Le festival a débuté avec le spectacle « Dima Hob » réalisé par Montasar Kacem et conduit musicalement par le dirigeant de “Dimouzika” Amine Dimassi. Ce spectacle combine habilement musique, théâtre et comédie, et qui laisse « une empreinte indélébile sur Nabeul. » comme l’a souligné le réalisateur Montassar Kacem.Les artistes ont envahi la scène avec une confiance inébranlable, qui ressemble à la solidité de la terre elle-même, prêts à offrir le meilleur d’eux-mêmes.
Dans une atmosphère chargée d’émotions, les regards se croisaient intensément entre les familles venues nombreuses, réunies dans les gradins comme pour partager un instant d’éternité. Le chef d’orchestre, figure imposante et rassurante, incarnait le lien invisible de confiance qui unissait le public aux musiciens.

Un mélange de sensations :
Au premier abord, le public a pu croire à un simple concert, rappelant la précédente édition, surtout avec la présence de plus de deux cents artistes sur scène.
Pourtant, dès que les musiciens se sont installés, de délicates danseuses vêtues de robes rouges rayées de noir ont fait leur apparition, accompagnées de « Mnayra », incarnée par Oumeima Trabelsi, reconnaissable à sa robe rouge, sa tresse inclinée, ses lunettes et son sourire naïf et innocent.
Sous la direction de Kholoud Grar, le spectacle a déplacé le public entre danse, chansons – une trentaine de chansons interprétées par le groupe “Dimouzica” – et des moments comiques, notamment grâce aux personnages «Mnayra» et «Azzou» joués par Oumaima Trabelsi et Ayman Saad.
Les larmes aussi n’ont pas manqué lors des scènes touchantes illustrant la relation entre un père et sa fille, jouées par Salah Eddine Bouaouina.
Fille de huit ans : Une bougie éclairait la scène
Une véritable surprise est apparue au cœur du spectacle : une fille de huit ans, que le réalisateur a décrite comme le « trésor » du spectacle. Elle est apparue sur scène comme une torche, portant une robe blanche, remplaçant Oumeima Trabelsi pour incarner “Mnayra“ enfant. Le public était captivé par sa présence stable, qui est restée immobile pendant environ deux heures, figée comme une montagne face au vent et à la pluie. À la fin du spectacle, elle a dansé avec Salah Eddine Bououina avant de quitter la scène, laissant dans l’esprit des gens des souvenirs d’enfance passionnants.
Un spectacle novateur et un nouveau directeur pour la 37e session : coïncidence ou nouveau départ ?
Mais l’innovation ne se limite pas aux performances théâtrales de comédie. La trente-septième session du festival a également été marquée par un changement dans son organisation. Montasar Kacem a quitté son poste de directeur pour se consacrer à la direction de l’Association d’animation et de festivals de Nabeul qui organise le festival. Tayeb Belghith a pris la direction, qui à son tour a confirmé lors de la conférence de presse que le renouvellement et le développement du programme, du théâtre et des spectacles n’était pas le résultat du hasard ou d’initiatives personnelles, mais plutôt un travail collectif entre les membres de l’association, la direction et les artistes. Il a ajouté que la programmation nécessitait quatre mois de préparation pour se débarrasser des habitudes des versions précédentes.

Les autorités locales et régionales, des invités d’honneur :
Les autorités locales et régionales étaient également sous le feu des projecteurs. Avant la présentation, le Président de l’Association a honoré les invités d’honneur, y compris le gouverneur Hanaa Al-Shushani, le vice-président du Parlement Anwar Marzouki, en plus des représentants des conseils locaux et régionaux.
Une nouvelle pièce réunit Lamine Nahdi et Bayya Al-Zardi lors de la prochaine session du festival :
Sur le plan artistique, le public a accueilli librement l’humoriste et invité d’honneur, Lamin Nahdi, qui a également été honoré avant le début du spectacle. Lui, à son tour, exprima son profond attachement à la ville de Nabeul, qui la lie à ses débuts artistiques. Il a également annoncé qu’il était prêt pour un travail artistique théâtral avec l’actrice Baya Zardi, qui pourrait être présenté lors de la prochaine session du festival.
Les soldats invisibles :
Enfin, lors de la conférence de presse, Montaser Kacem a chaleureusement remercié tous ceux qui ont contribué au succès de ce spectacle, qu’ils aient été visibles sur scène ou qu’ils aient travaillé dans l’ombre, en pointant notamment Fawzi Ben Ibrahim et Khairy Ben Ibrahim, assistant réalisateurs. Il a souligné que ce spectacle est, avant tout, un rêve artistique partagé entre les acteurs et le maestro Amin Dimassi, qui a déclaré son rejet catégorique de la répétition à l’identique des éditions précédentes et s’est engagé dans le développement continu des spectacles futurs.