
James Cameron doit être complètement stupéfait en ce moment ! Des astrophysiciens ont réalisé des observations suggérant que le Polyphème de ses longs métrages, l’exoplanète habitée et habitable d’Avatar, pourrait dépasser largement le domaine de la science-fiction !
L’annonce révélée par divers bulletins de la NASA aux États-Unis et du CEA en France, sur une potentielle découverte menée grâce aux observations du télescope spatial James-Webb (JWST) et de l’imageur Miri (Mid InfraRed Instrument). Bien qu’elle doive encore être fermement validée, elle l’est déjà suffisamment pour que deux travaux disponibles en libre accès sur arXiv aient été approuvés pour paraître dans la revue Astronomical Journal.
Ces publications présentent le travail d’une équipe internationale dirigée par Chas Beichman (JPL et Caltech), qui inclut des chercheurs du CEA tels que Pierre-Olivier Lagage. Il occupe le poste de responsable scientifique français du développement de Miri et fait partie de l’équipe scientifique qui a conçu l’instrument Metis destiné à être installé sur le télescope extrêmement grand de l’ESO, doté d’un miroir primaire colossal de 39 mètres (par opposition à 6,5 m pour le JWST), dont la construction est en cours au Chili (son premier éclairage est anticipé pour mars 2029).
Pour saisir le sujet, soulignons d’abord qu’à environ 4 années-lumière de notre Système solaire, le système stellaire triple d’Alpha du Centaure suscite l’intérêt des exobiologistes et plus particulièrement des écrivains de science-fiction depuis longtemps. Non seulement en raison de sa proximité avec notre Soleil, mais aussi à cause des traits distinctifs des étoiles qui composent son sous-système double Alpha Centauri AB.
Effectivement, Alpha Centauri A est classée comme une étoile de type spectral G2, elle ressemble donc beaucoup à notre Soleil, tandis qu’Alpha Centauri B, légèrement moins éclatante, appartient au type spectral K1, ce qui la place dans une catégorie similaire à celle du Soleil. Il n’est pas surprenant que plusieurs histoires de science-fiction mentionnent des planètes propices à la vie avec des créatures extraterrestres autour d’une des étoiles d’Alpha Centauri. James Cameron n’a pas fait d’erreur, car la grande planète Polyphème, autour de laquelle tourne l’exolune Pandora d’Avatar, orbite effectivement autour d’Alpha Centauri A.
Et voilà ! Chas Beichman et son équipe viennent de révéler que le JWST a réussi à capturer directement une exoplanète géante gazeuse orbitant autour d’Alpha Centauri A, et qui plus est, se situe dans la zone habitable de cette naine jaune ! Avec une masse approximativement semblable à celle de Saturne, elle serait en orbite elliptique autour d’Alpha Centauri A, à une distance probablement équivalente à une ou deux fois la distance entre le Soleil et la Terre.
En réalité, pour être pleinement précis, on pourrait affirmer que la détection ne repose pas vraiment sur l’imagerie directe, étant donné que l’exoplanète est 10 000 fois moins lumineuse que son étoile hôte. D’une certaine manière, il a été nécessaire d’éclipser sa lumière en utilisant un coronographe monté sur Miri (voir les explications dans la vidéo ci-dessus, à traduire en français), selon une technologie comparable à celle que l’on doit à l’astronome français Bernard Lyot depuis les années 1930 – lorsqu’il cherchait à observer la couronne solaire de façon constante sans avoir besoin d’être sur un site où une éclipse totale du Soleil est visible.
Les astrophysiciens ont minutieusement analysé les résultats d’août 2024. Comme le souligne le communiqué de la Nasa, ils ont réussi à démontrer que la source visible sur l’image du James-Webb en 2024 est probablement une planète, et non un objet de fond (tel qu’une galaxie).
Surprise !
Des observations supplémentaires du système en février et avril 2025 n’ont mis en évidence aucun objet comparable à celui détecté en août 2024 !
Les chercheurs, perplexes, ont réalisé des simulations sur la trajectoire de l’exoplanète présumée existante et en sont venus à la conclusion que le phénomène peut être expliqué sans pour autant dénier l’existence de la géante gazeuse.
Rédigée par “Ons Daghfous”