• العربية
  • Français
  • Radhi Jaïdi

    Après l’élimination décevante de la Tunisie au Mondial des États-Unis, du Canada et du Mexique, l’ancien international et entraîneur Radhi Jaïdi appelle à une refonte profonde du football tunisien. Selon lui, la solution passe par un projet à long terme basé sur la formation, le développement des infrastructures et la modernisation de l’encadrement technique.

    Le football tunisien traverse une période difficile. La participation des Aigles de Carthage à la Coupe du monde actuelle restera comme l’une des plus décevantes de leur histoire, avec une élimination dès le premier tour après trois lourdes défaites.

    La Tunisie s’est inclinée face à la Belgique sur le score de 1-5, avant de subir une large défaite contre le Japon (0-4), puis de terminer son parcours par un revers face aux Pays-Bas (1-3). Un bilan inédit dans l’histoire des sept participations tunisiennes au Mondial, qui a provoqué une vague de critiques et de colère auprès des supporters.

    Cette désillusion intervient après plusieurs résultats jugés insuffisants lors des dernières compétitions, notamment en Coupe arabe au Qatar et lors de la Coupe d’Afrique des nations au Maroc en 2025. Jusqu’à présent, aucune véritable feuille de route de reconstruction n’a été présentée par les instances dirigeantes du football tunisien.

    Une crise qui est le résultat de plusieurs années de difficultés

    Pour Radhi Jaïdi, cette situation ne peut pas être expliquée uniquement par les performances d’un entraîneur ou d’une génération de joueurs. L’ancien défenseur international estime que les problèmes actuels sont la conséquence de plusieurs années de décisions à court terme et d’un manque de vision globale.

    Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, adressée aux supporters tunisiens, Jaïdi a appelé à un changement profond de méthode.

    « Le football tunisien a besoin d’un véritable projet de reconstruction. Nous avons trop souvent cherché des solutions temporaires au lieu de traiter les problèmes à la source », a-t-il expliqué.

    Selon lui, la priorité doit être donnée à la formation des jeunes joueurs et à la création d’une véritable stratégie nationale capable d’assurer un renouvellement régulier des générations.

    Revenir aux fondamentaux : la formation et les infrastructures

    L’ancien joueur du Espérance sportive de Tunis considère que le développement du football tunisien doit commencer par la base.

    Il propose de renforcer les centres de formation dans toutes les régions du pays, d’améliorer les infrastructures sportives et de mieux accompagner les entraîneurs spécialisés dans la formation des jeunes.

    Pour Jaïdi, la Tunisie possède un potentiel important, mais celui-ci reste sous-exploité en raison d’un manque d’organisation et d’investissements dans le développement des talents.

    Il suggère également la création de sélections régionales afin d’élargir le vivier de joueurs disponibles pour les équipes nationales et de détecter davantage de profils prometteurs en dehors des grands centres urbains.

    Créer une commission de réforme avec des compétences internationales

    Parmi ses propositions, Radhi Jaïdi évoque la mise en place d’une commission nationale chargée de la réforme du football tunisien, en collaboration avec la Fédération tunisienne de football.

    Cette structure pourrait être dirigée par un entraîneur étranger de haut niveau, accompagné par des experts tunisiens, afin de bénéficier d’expériences internationales tout en conservant une connaissance approfondie des réalités locales.

    L’objectif serait de construire une stratégie claire autour de plusieurs axes : formation, développement des clubs, préparation des équipes nationales et amélioration du niveau des entraîneurs.

    Valoriser les talents tunisiens de l’étranger

    L’ancien international insiste également sur l’importance d’ouvrir davantage les portes aux joueurs tunisiens évoluant à l’étranger, notamment ceux disposant d’une double nationalité.

    Selon lui, ces joueurs représentent une richesse pour le football national, à condition de mettre en place une politique claire pour les identifier, les accompagner et les intégrer dans un projet sportif cohérent.

    « Il faudra quatre ans de travail pour retrouver notre niveau »

    Radhi Jaïdi estime que la reconstruction ne pourra pas se faire rapidement.

    « Un grand travail nous attend durant les quatre prochaines années pour retrouver notre véritable niveau », a-t-il déclaré.

    Pour lui, le football tunisien doit accepter une période de reconstruction basée sur la patience, la compétence et la continuité, plutôt que de chercher des résultats immédiats sans régler les problèmes structurels.

    Un parcours entre réussite sportive et transmission

    Figure emblématique de la génération tunisienne championne d’Afrique en 2004, Radhi Jaïdi a marqué l’histoire des Aigles de Carthage par sa solidité défensive et son leadership.

    Après plusieurs années passées à l’Espérance de Tunis, il a connu une longue expérience professionnelle en Angleterre entre 2004 et 2012, notamment sous les couleurs de Bolton Wanderers F.C., Birmingham City F.C. et Southampton F.C..

    Après sa carrière de joueur, il s’est reconverti dans le métier d’entraîneur, avec l’ambition de transmettre son expérience et de participer au développement du football tunisien.

    Alors que le débat sur l’avenir des Aigles de Carthage s’intensifie, la proposition de Radhi Jaïdi pose une question essentielle : la Tunisie doit-elle continuer à chercher des solutions d’urgence ou engager enfin une reconstruction profonde de son modèle footballistique ?