L’attractivité des compétences tunisiennes sur l’échiquier mondial ne se dément pas, mais elle change de visage. En 2025, 2 902 Tunisiens ont été recrutés à l’étranger via l’Agence Tunisienne de Coopération Technique (ATCT). Si ce chiffre marque un repli par rapport aux 3 650 départs de 2024, il révèle surtout une spécialisation accrue de l’expatriation tunisienne dans des secteurs critiques comme la santé et l’éducation. Entre opportunités de carrière internationales et enjeux de souveraineté nationale, analyse d’une tendance structurelle.

Radiographie d’une baisse : Moins de volume, plus de ciblage ?

Le recul de 20,5 % des recrutements en un an interroge. Est-ce le signe d’une rétention accrue des talents ou d’un durcissement des conditions d’entrée sur certains marchés ? Malgré cette baisse, le flux demeure structurellement élevé, dépassant largement les capacités de renouvellement immédiat de certains secteurs du marché local.

Les destinations phares en 2025

L’Europe et les pays du Golfe se partagent l’essentiel des talents, avec l’Allemagne qui consolide sa position de leader :

  • Allemagne : 647 recrutements (1er rang mondial).
  • Arabie Saoudite : 358 profils intégrés.
  • Canada : 339 départs enregistrés.
  • France : 331 recrutements.
  • Sultanat d’Oman & Qatar : Respectivement 300 et 183 compétences.
  • Italie : 139 profils.

Santé et Éducation : Les piliers de l’exportation de compétences

Le marché international de l’emploi “chasse” prioritairement les cadres tunisiens dans deux domaines vitaux.

Une pression maximale sur la santé

Le secteur médical et paramédical représente à lui seul 43 % des recrutements totaux, soit 1 244 cadres. Cette concentration massive souligne l’excellence de la formation tunisienne, mais pose un défi majeur de disponibilité des soins sur le territoire national.

L’enseignement en seconde position

Avec 620 recrutements (21 %), l’éducation reste un moteur puissant de mobilité. Derrière ces chiffres, on retrouve également :

  • Administration : 214 profils.
  • Culture et Sport : 192 profils.
  • Industrie : 180 compétences.
  • Tourisme et Services : 156 recrutements.

Au-delà du recrutement : L’expertise tunisienne en mode “Soft Power”

L’ATCT ne se contente pas de gérer des départs ; elle orchestre un véritable transfert de savoir-faire. Fin 2025, on dénombre 27 486 coopérants et experts en poste à travers le monde.

  • Répartition globale : 52 % opèrent dans les pays arabes, 31 % en Europe et 13 % au Canada.
  • Coopération Sud-Sud : 22 experts tunisiens ont été dépêchés en 2025 pour conseiller des pays comme le Tchad, la Guinée ou la Jordanie dans les domaines de l’agriculture, de l’irrigation et de la pêche.
  • Formation : 119 cadres africains et arabes ont bénéficié de l’expertise tunisienne via 12 sessions de formation technique.

Conclusion : Si la baisse quantitative des recrutements en 2025 offre un répit au marché national, la qualité des profils exportés confirme que la Tunisie reste un réservoir de talents stratégiques. Face à cette “fuite des cerveaux” qui ne dit pas son nom, comment le marché tunisien peut-il transformer cette mobilité en opportunité de retour d’investissement technologique ?

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