Initialement conçu comme traitement médical contre certaines douleurs neurologiques et troubles anxieux, le Lyrica (prégabaline) est aujourd’hui au cœur d’une crise sanitaire silencieuse en Tunisie. Son détournement de l’usage thérapeutique en fait l’une des substances les plus consommées dans les milieux jeunes vulnérables.

Un médicament à l’origine thérapeutique

Développée à la fin des années 1980, la prégabaline a été approuvée en 2004 pour traiter l’épilepsie, les douleurs neuropathiques et certains troubles anxieux. Son utilisation devait rester strictement encadrée par prescription médicale.

Cependant, son usage hors cadre médical s’est progressivement généralisé.

Une explosion de la consommation en Tunisie

Entre 2017 et 2018, la consommation de prégabaline en Tunisie a augmenté de 226 %, révélant une diffusion rapide du produit hors circuits médicaux classiques. Les saisies policières quasi quotidiennes témoignent de l’ampleur du phénomène.

Une drogue accessible et banalisée

De nombreux jeunes consommateurs décrivent le Lyrica comme l’une des substances les plus accessibles sur le marché parallèle. Son effet provoque une sensation temporaire de déconnexion du réel.

Mais les conséquences observées sont graves :

  • troubles du comportement
  • perte de coordination
  • agressivité
  • dépendance physique rapide
  • isolement social

Effets neurologiques préoccupants

La prégabaline agit directement sur certains canaux nerveux du système nerveux central. En cas d’usage détourné ou excessif, elle peut provoquer un ralentissement dangereux de l’activité cérébrale et affecter plusieurs organes vitaux.

Un marché noir dominant

Une grande partie des comprimés consommés hors prescription provient de circuits de contrebande. Cette distribution échappe totalement au contrôle médical et augmente les risques sanitaires.

Une addiction liée à une détresse psychologique

Les spécialistes estiment que près de 90 % des situations d’addiction sont liées à des facteurs psychologiques sous-jacents. L’euphorie initiale provoquée par la substance est souvent suivie d’épisodes dépressifs.

Des complications rénales, hépatiques et hormonales peuvent également apparaître.

Un manque de structures spécialisées en Tunisie

La prise en charge des patients dépendants reste limitée par l’insuffisance de centres spécialisés. Toutefois, plusieurs initiatives médicales sont en préparation afin d’améliorer l’accompagnement des jeunes concernés.

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