Un rapport de Numbeo pour l’année 2025, base de données mondiale sur la qualité de vie, classe la Tunisie 37ᵉ sur 113 pays selon l’indice de pollution, avec un score de 70,1. Ce classement révèle une situation environnementale préoccupante, posant des défis considérables pour l’État et la société.

La Tunisie est particulièrement touchée par les émissions de dioxyde de soufre (SO₂), liées aux secteurs du pétrole et du gaz, notamment à la ville de La Skhira, selon Greenpeace. L’organisation souligne que le pays fait face à une pollution locale élevée par les particules fines (PM2,5), dangereuses lorsqu’elles sont inhalées. Selon des études, la production de phosphate contribue également à l’augmentation de la poussière et de la pollution de l’air, affectant surtout la santé des femmes.

Un rapport du 28 mars 2024 identifie le secteur de l’énergie en Afrique du Nord, particulièrement l’industrie pétrolière et gazière, comme l’un des principaux responsables des émissions de polluants atmosphériques, confirmées par la surveillance satellitaire des émissions de SO₂.

Impact sur la biodiversité

Les experts soulignent que la pollution de l’air ne se limite pas aux sols et aux eaux souterraines. Elle menace directement la biodiversité :

  • Les plantes : les polluants endommagent les feuilles et réduisent la photosynthèse, affaiblissant les plantes. Certains polluants comme le SO₂ et les oxydes d’azote acidifient le sol, limitant l’absorption des nutriments.
  • Les animaux : l’exposition à l’air pollué peut provoquer des troubles respiratoires et neurologiques. La consommation de plantes contaminées entraîne l’accumulation de substances toxiques.
  • Les insectes pollinisateurs : certaines espèces de pollinisateurs comme les abeilles et certaines espèces d’oiseaux voient leur reproduction et leur alimentation affectées.
  • Les micro-organismes : les polluants altèrent la vie des micro-organismes dans le sol et l’eau, perturbant la fertilité et le cycle des nutriments.
  • Écosystèmes : la pollution modifie les populations animales et végétales, perturbe les relations alimentaires et fragmente les habitats naturels, réduisant la capacité de reproduction et de mobilité des espèces.

Sources de pollution et risques pour la santé

L’air pollué provient de multiples sources : les gaz d’échappement des véhicules, les fumées industrielles, les feux de forêt et l’utilisation de combustibles solides (bois, charbon, excréments animaux) pour la cuisson.

La pollution est mortelle. Une étude a révélé que 8,1 millions de décès prématurés ont été causés par la pollution de l’air en 2021, soit plus d’un décès sur huit dans le monde. Les enfants de moins de cinq ans comptent pour plus de 700 000 décès.

Les principaux polluants préoccupants sont :

  • PM10 et PM2,5 : particules fines capables de pénétrer dans les poumons et le sang.
  • Monoxyde de carbone : gaz inodore issu de la combustion.
  • Ozone troposphérique : constituant du smog, formé par la réaction du soleil avec certains gaz.
  • Oxydes d’azote et dioxyde de soufre : produits des véhicules et industries fossiles.

Ces polluants affectent gravement la santé humaine, provoquant pneumonies, maladies cardiaques, AVC, cancers du poumon et accouchements prématurés.

Conséquences sociales et environnementales

La pollution de l’air compromet aussi les loisirs et événements sportifs, mettant en danger les athlètes et incitant les fédérations internationales à installer des capteurs de qualité de l’air sur les sites sportifs.

Elle contribue également au changement climatique, certains polluants (méthane, carbone noir) piégeant la chaleur à proximité de la surface terrestre.

Solutions et recommandations

Réduire la pollution peut sauver des vies et soutenir les objectifs de développement durable : améliorer la santé publique, lutter contre la pauvreté, réduire les inégalités et protéger l’alimentation et les cultures.

Les actions efficaces incluent :

  • Mettre en place des systèmes de surveillance et d’alerte précoce.
  • Partager les données de qualité de l’air en temps réel avec le public.
  • Limiter les émissions industrielles et des transports par la réglementation.
  • Promouvoir des institutions spécialisées pour la gestion de la pollution.
  • Encourager la participation des entreprises et citoyens.

Le Banc Mondial estime que des politiques intégrées dans les secteurs du chauffage, de la cuisson, des transports, de l’agriculture et des déchets pourraient réduire de moitié l’exposition mondiale aux niveaux dangereux de pollution de l’air.

L’ONU travaille depuis des décennies pour aider les pays à combattre la pollution atmosphérique, à travers des partenariats et des initiatives comme l’Alliance Climat et Air Pur.

La pollution de l’air est une urgence mondiale nécessitant une action collective et coordonnée. Elle menace la santé humaine, la biodiversité et le climat. Des mesures rapides et efficaces sont indispensables pour protéger les populations et l’environnement.

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