Une équipe de chercheurs australiens explore une nouvelle approche thérapeutique capable de freiner la destruction des cellules productrices d’insuline dès les premières semaines du diabète de type 1. Présentés récemment lors d’un congrès européen, ces résultats pourraient transformer la prise en charge précoce de la maladie.

Une maladie auto-immune aux conséquences immédiates
Le diabète de type 1 se distingue par son apparition brutale. En quelques semaines, le système immunitaire détruit les cellules bêta du pancréas, responsables de la production d’insuline. Dès le diagnostic, les patients doivent recourir à des injections quotidiennes pour contrôler leur glycémie. Jusqu’à présent, aucun traitement n’était capable d’agir sur le mécanisme même de la maladie à ses débuts.
Le baricitinib, une piste déjà connue en médecine
L’étude australienne, baptisée BANDIT (Baricitinib in New Onset Type 1 Diabetes), s’est intéressée au baricitinib, un médicament déjà utilisé dans certaines maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde ou l’alopécie. Cette molécule agit en bloquant les kinases JAK, des enzymes impliquées dans les réactions inflammatoires responsables de l’attaque du pancréas.
Entre 2023 et 2024, 91 patients âgés de 10 à 30 ans, diagnostiqués depuis moins de 100 jours, ont participé à l’essai. Pendant 48 semaines, ils ont reçu soit un comprimé quotidien de baricitinib, soit un placebo.
Des résultats encourageants dès la première année
Les données présentées en septembre 2025 au congrès de l’Association européenne pour l’étude du diabète (EASD) montrent que les patients traités conservent une meilleure production d’insuline. Leur taux de peptide C, un marqueur clé de la fonction pancréatique, reste plus élevé que chez les patients sous placebo.
Les participants sous baricitinib présentent également une glycémie plus stable, avec moins de variations extrêmes, et des besoins en insuline légèrement réduits. Aucun effet secondaire notable n’a été rapporté, un point essentiel pour un traitement administré précocement.
Un effet qui dépend de la durée du traitement
Le suivi prolongé jusqu’à 96 semaines révèle toutefois une limite importante : après l’arrêt du traitement, l’effet protecteur diminue progressivement. La production d’insuline baisse et les différences entre les deux groupes s’atténuent.
Ces résultats indiquent que le baricitinib ne guérit pas le diabète de type 1, mais qu’il peut en ralentir l’évolution tant qu’il est administré. Environ deux tiers des patients ont néanmoins montré une réponse positive, sans que les chercheurs puissent encore identifier quels profils en bénéficient le plus.
Vers une nouvelle stratégie de prise en charge précoce
Cette étude ouvre une perspective inédite : intervenir dès le diagnostic pour préserver, même temporairement, la capacité naturelle du corps à produire de l’insuline. Une approche qui pourrait améliorer la qualité de vie des patients, faciliter le contrôle glycémique et repousser certaines complications à long terme.
Des essais complémentaires seront nécessaires avant une éventuelle généralisation, mais cette avancée marque un changement de paradigme : le diabète de type 1 pourrait, à l’avenir, être freiné dès ses premiers jours, plutôt que simplement compensé.