Sous couvert de justice, certaines puissances ont redéfini les règles du monde par la force. De Panama à l’Irak, de Grenade à la Venezuela, un même scénario se répète : l’enlèvement de chefs d’État au nom de la “légalité”.
Un président arraché à son lit
Ce que le monde découvre aujourd’hui dépasse l’imaginable : le président vénézuélien aurait été kidnappé directement depuis sa chambre à coucher, en pleine nuit, avec son épouse, par une unité d’élite américaine. En moins de trente minutes, l’opération aurait été menée, exécutée et bouclée. Direction : une base américaine, hors du territoire vénézuélien, hors de toute juridiction nationale ou internationale.
Aucun mandat international. Aucun jugement préalable. Aucune preuve présentée.
Un précédent lourd : le cas du Panama en 1989
Ce scénario n’est pas nouveau. En 1989, le président panaméen Manuel Noriega est kidnappé par les forces américaines, transféré de force aux États-Unis, jugé comme un simple criminel, puis emprisonné pendant des décennies.
Après les États-Unis, il est transféré en France, puis au Panama, où il mourra en prison. Trois pays, trois procès, une seule constante : la force a remplacé le droit.
Ce traitement n’avait qu’un objectif : faire de lui un exemple. Un message adressé à tous les dirigeants qui oseraient dire « non ».
Saddam Hussein : une accusation sans preuve
L’Irak a été envahi sous prétexte d’armes de destruction massive. Le monde entier sait aujourd’hui qu’elles n’ont jamais existé. Pourtant, Saddam Hussein a été traqué, humilié, arrêté, jugé et exécuté.
L’accusation n’a jamais été prouvée, mais la sanction a été appliquée. Le pétrole, lui, n’a jamais disparu de l’équation.
Une méthode répétée : Grenade, Haïti, Irak…
Grenade. Haïti. Irak. Toujours le même schéma :
- invasion,
- enlèvement du président,
- justification médiatique,
- silence de la communauté internationale.
Où est le Conseil de sécurité ?
Où est le droit international ?
Où sont les principes qu’on invoque pour les faibles mais qu’on oublie face aux puissants ?
Le véritable enjeu : le pétrole vénézuélien
Le Venezuela détient les plus grandes réserves de pétrole au monde, représentant près de 17 % des réserves mondiales, soit plus de 300 milliards de barils.
Pendant des décennies, des compagnies américaines ont exploité ce pétrole, contrôlé les infrastructures, bâti des villes entières sur le sol vénézuélien. Puis est venue la nationalisation. Les actifs ont été saisis. Les profits ont cessé de couler vers Washington.
La facture présentée par les compagnies américaines ? 40 milliards de dollars.
Sanctions, blocus, puis enlèvement
Les sanctions ont appauvri le pays. La valeur du pétrole vénézuélien est passée de 460 milliards de dollars à 56 milliards. Mais le pétrole est toujours là, sous terre.
Puis vient l’étape suivante : le changement de régime.
L’opposition promet l’ouverture totale du secteur pétrolier aux compagnies américaines. Le message est clair : le président tombe, le pétrole revient.
Un dictateur… mais un enlèvement illégal
Nicolás Maduro n’est pas un ange. Accusations de fraude électorale, répression, autoritarisme. Mais une question demeure :
Qui a le droit de juger un président ? Son peuple ou une armée étrangère ?
Car aujourd’hui, le danger n’est pas seulement un dirigeant autoritaire. Le danger, c’est un monde où la loi du plus fort remplace toute souveraineté.
Un monde sans règles
Ce qui s’est passé au Venezuela n’est pas un événement isolé. C’est un précédent dangereux.
Un message brutal envoyé à tous les États :
Votre souveraineté tient tant que vos ressources servent les intérêts des puissants.