La déception est à la hauteur des ambitions de Donald Trump. Le président américain, qui espérait inscrire enfin son nom dans l’histoire en tant qu’« artisan mondial de la paix », a vu son rêve s’évanouir vendredi : le comité norvégien du prix Nobel a préféré récompenser la cheffe de l’opposition vénézuélienne, María Corina Machado, pour « son combat pacifique et déterminé en faveur de la démocratie et des droits du peuple vénézuélien ».
Selon le journal New York Post, cette décision n’aurait pas été motivée par une volonté de snober l’ex-président américain, mais plutôt par un simple problème de calendrier. La réunion du comité ayant eu lieu lundi, soit deux jours avant l’annonce de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas — un accord que Trump revendique avoir facilité —, son rôle n’aurait pas été pris en compte dans la délibération finale.
Une désillusion politique et symbolique
Pour Donald Trump, qui affirmait depuis plusieurs semaines mériter le Nobel pour avoir « mis fin à huit conflits dans le monde », la pilule est amère. L’ancien président n’a pas caché sa frustration : « Tout le monde dit que je devrais recevoir le prix Nobel de la paix », lançait-il encore le mois dernier à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies.
Des proches du président ont confié à la presse que cette distinction aurait été une « surprise » bienvenue, mais que ses chances pourraient être plus fortes l’an prochain, si ses efforts diplomatiques se confirmaient.
Des polémiques qui pèsent lourd
Malgré ses revendications pacifistes, le parcours récent de Trump reste entaché de controverses. Ses détracteurs rappellent notamment le bombardement d’installations nucléaires iraniennes en juin dernier, ses propos fantasques sur l’achat du Groenland, ou encore sa volonté de rebaptiser le “Department of Defense” en “Department of War” — autant d’attitudes jugées incompatibles avec l’esprit du prix Nobel de la paix.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump aurait également exercé une pression directe sur le comité Nobel, estimant qu’un refus serait « une insulte à l’Amérique ».
Un prix à forte portée politique
En distinguant María Corina Machado, le comité Nobel a voulu, selon les observateurs, envoyer un message fort en faveur de la démocratie et des droits humains, dans un contexte mondial marqué par la montée des régimes autoritaires.
Reste que le rêve de Trump d’obtenir le Nobel de la paix n’est peut-être pas totalement enterré. Comme le note New York Post, son dossier pourrait être réexaminé en 2026, à condition que ses initiatives diplomatiques portent durablement leurs fruits.
Pour l’heure, c’est Machado qui entre dans l’histoire — tandis que Trump devra, une fois encore, se contenter de la controverse.