Un jour s’est écoulé depuis l’attaque menée par les forces navales de l’occupation israélienne contre la flottille internationale « Asṭoul Al-Ṣumoud » (Flottille de la Résilience), qui visait à briser le blocus imposé à Gaza.
Douze navires participaient à cette initiative humanitaire, dont un contingent tunisien de 26 personnes, arrêtées comme l’ensemble des militantes et militants venant de 44 nationalités à travers le monde.
Alors que les organisations de la société civile tunisienne multiplient les communiqués dénonçant cette agression, les instances officielles tunisiennes, y compris le parlement – dont un membre prenait part à la flottille – gardent jusqu’ici le silence.
La question se pose donc : quelles sont les organisations qui ont pris position et quelles sont leurs revendications ?
Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT)
Le SNJT a appelé le ministère tunisien des Affaires étrangères à intervenir rapidement par la voie diplomatique afin de garantir la sécurité des journalistes et leur retour.
Dans son communiqué, le syndicat a rappelé :
« La présence des journalistes tunisiens dans cette initiative humanitaire est un acte courageux et honorable. Elle exprime l’essence même de la profession, qui exige d’être aux côtés de la vérité et de la justice, loin du silence complice. Nos collègues ont choisi de briser le black-out médiatique et de dénoncer les crimes quotidiens commis contre les civils à Gaza. »
La Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH)
La LTDH a exhorté la communauté internationale à condamner l’agression israélienne, à agir d’urgence pour la libération des participantes et participants, et à mettre fin au blocus de Gaza.
Elle a également appelé les autorités tunisiennes à mobiliser toutes les voies diplomatiques pour garantir la sécurité des citoyens tunisiens arrêtés et contribuer activement à la protection de la flottille.
L’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT)
L’UGTT a fermement condamné ce qu’elle a qualifié « d’arrogance sioniste », mettant en garde contre toute atteinte à la sécurité et à la vie des membres de la flottille.
Le syndicat a demandé leur libération immédiate et salué la décision des syndicats italiens de mener une grève générale en solidarité. Il a appelé l’Internationale des syndicats à décréter une mobilisation mondiale et a exhorté les travailleuses, travailleurs et le peuple tunisien à descendre dans la rue pour soutenir la flottille.
L’Organisation Tunisienne des Jeunes Médecins
Cette organisation a invité ses membres ainsi que l’ensemble des citoyens à participer aux rassemblements prévus dès le 2 octobre.
Elle a dénoncé le « crime d’enlèvement » commis contre les membres de la flottille, et exhorté la diplomatie tunisienne à intervenir en urgence pour défendre les participants tunisiens détenus par Israël.
L’Ordre National des Avocats de Tunisie
L’Ordre a condamné avec force l’agression contre la flottille, la qualifiant de violation grave du droit international et de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
Il a tenu Israël et les États-Unis pour entièrement responsables de cet acte assimilé à de la piraterie, et a appelé les organisations nationales et internationales à ne pas rester silencieuses mais à agir pour la levée du blocus de Gaza.
Silence officiel en Tunisie
Malgré la gravité de l’événement et la présence de Tunisiens parmi les personnes arrêtées, les autorités officielles, y compris le parlement, n’ont pas encore pris de position publique.
Cette absence de réaction nourrit un climat de colère et d’incompréhension au sein de la société civile, qui appelle à une mobilisation nationale et internationale pour protéger les citoyennes et citoyens tunisiens détenus.
Source:ALKATIBA






