Une saison ramadanesque sous le signe de la diversité et du renouveau

À l’approche du mois sacré, la télévision tunisienne affine sa grille de programmes pour le Ramadan 2026, un rendez-vous audiovisuel majeur qui concentre chaque année les plus fortes audiences. Cette nouvelle saison s’annonce particulièrement riche, marquée par une diversité de genres, l’arrivée de nouveaux réalisateurs en fiction télévisée et le retour de figures emblématiques du petit écran.

Drames sociaux, œuvres inspirées de faits réels, séries historiques et comédies populaires : les chaînes tunisiennes misent sur une offre plurielle pour séduire un public de plus en plus exigeant et connecté. Tour d’horizon des principaux feuilletons tunisiens du Ramadan 2026 et de leurs chaînes de diffusion.

Al Wataniya 1 : mémoire collective, drame social et nouvelles signatures

Arkan Harb : une fiction inspirée des événements de Ben Guerdane

La chaîne nationale frappe fort avec Arkan Harb, première incursion du réalisateur Rabii Takkali dans la course ramadanesque. Inspirée des événements marquants de Ben Guerdane, la série s’inscrit dans une volonté claire de la télévision publique : raconter l’histoire contemporaine tunisienne à travers la fiction.

Fruit d’un atelier d’écriture approfondi, la série réunit un casting prestigieux : Kamel Touati, Khaled Houissa, Mohamed Rmili, Ahmed Andaloussi, Aziz Bey et Beya Zardi, sans oublier la présence remarquée de Ghanem Zralli, très sollicité cette saison. Un projet ambitieux qui mêle mémoire nationale et narration dramatique.

Al Haq (Le Droit) : quand les valeurs vacillent

Reportée au Ramadan 2026, la série Al Haq, écrite et réalisée par Amna Najjar, explore l’effondrement des valeurs morales et la frontière fragile entre le bien et le mal. Ce drame social met en scène Laasâd Ben Abdallah, Wahida Dridi et Hammouda Ben Hsine, dans une œuvre à forte charge symbolique.

Pour la réalisatrice, connue pour ses courts-métrages, il s’agit d’une première expérience longue en fiction télévisée, très attendue par les observateurs du secteur.

Hayet (Vie) : le regard du cinéma sur la télévision

Installé au Canada, le cinéaste Kais Majri signe avec Hayet sa première série télévisée, sur un scénario de Khawla Hosni développé sur six mois. Cette fiction marque le retour de Mohamed Amine Hamzaoui après une longue absence, aux côtés de Fathi Dhehibi, Fatma Sfar et Abdelkrim Benanni.

Après son film Barzakh, le réalisateur propose une œuvre introspective, à la croisée du cinéma d’auteur et du format sériel.

Al Matbaa (L’Imprimerie) : plongée psychologique

Autre première notable : Mehdi Hmili, cinéaste reconnu, présente Al Matbaa, une série centrée sur l’univers intérieur et social d’un dessinateur. Avec Ghanem Zralli, Maram Ben Aziza et Slim Baccar, la série s’appuie sur une esthétique soignée, renforcée par la collaboration avec le directeur photo Farouk Laridh.

Nessma : entre comédie populaire et réalisme inspiré du réel

Sahbek Rajel 2 : la comédie qui cartonne

Forte du succès de la première saison, Sahbek Rajel 2 revient sur Nessma avec Karim Gharbi, Sofiane Dahesh et Yassine Ben Gamra. Une comédie ancrée dans le quotidien tunisien, misant sur l’humour de situation et la proximité avec le public.

Oxydone : quand la réalité nourrit la fiction

Inspirée de faits réels, Oxydone, réalisée par Motiâa Dridi et produite par Fadhel Ben Ammar, propose un récit intense porté par Nidhal Saadi, Mohamed Ali Ben Jomaa et Khalil Abdouli. Une série qui s’annonce comme l’un des drames les plus marquants de la saison.

El Hiwar Ettounsi : comédie grand public et drame social

Hedhi Akhertha : le retour de Sami Fehri

La chaîne relance la série culte Hedhi Akhertha, marquant le retour de Sami Fehri à la réalisation. Entourée de nombreuses stars de la comédie tunisienne, la série vise clairement le divertissement familial du Ramadan.

Al Khatifa : une lecture sociale contemporaine

Toujours sur El Hiwar Ettounsi, Al Khatifa, réalisée par Sawsan Jemni, réunit Kamel Touati, Rim Riahi, Nordo, Azza Slimane et Mohamed Mourad. Ce drame social s’intéresse aux mutations profondes de la société tunisienne, à travers des destins croisés.

Nouvelles chaînes et regards féminins

Dans une dynamique d’élargissement du paysage audiovisuel, la série Ghouba (Coma) fera son entrée sur Télévision TV, sous la direction de Mohamed Khalil Bahri.

De son côté, Bab Bnet, diffusée sur Al Wataniya 1 et réalisée par Zied Yatim, met en avant des problématiques sociales vues par un prisme féminin, avec Mouna Nourredine et Wajihah Jendoubi à l’affiche.

Conclusion : un Ramadan 2026 riche, audacieux et pluriel

Avec cette programmation dense et éclectique, le Ramadan 2026 confirme la vitalité de la fiction télévisée tunisienne. Entre nouvelles expériences de réalisation, retours attendus et diversité des thématiques, les chaînes tentent de répondre aux attentes d’un public en quête de sens, d’émotion et de divertissement.

Drame social et comédie dominent clairement la saison, dans un équilibre entre mémoire collective et réalités contemporaines. Une chose est sûre : les soirées ramadanesques s’annoncent intenses sur le petit écran tunisien.

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