
Alors que la majorité des gens attendent l’été avec impatience, d’autres redoutent son arrivée. En cause : la dépression saisonnière, une forme de mal-être cyclique qui, contrairement aux idées reçus, ne frappe pas seulement en hiver.
Si la dépression hivernale est bien connue, sa cousine estivale l’est beaucoup moins, et pourtant, elle existe bel et bien. Chaque année, certaines personnes voient leur moral chuter dès les premiers jours de chaleur. Fatigue, insomnie, anxiété, perte d’appétit, irritabilité…Des signes qui rappellent la dépression classique, à ceci prés qu’ils apparaissent à une période où la joie de vivre semble imposée.
Un trouble encore tabou
Le trouble affectif saisonnier (TAS) est une forme de dépression liée aux variations de lumière et de ryhtme de vie selon les saisons. La plupart des cas sont recensés à l’automne et en hiver, mais une monorité de personnes vivent l’effet inverse : un mal-être qui s’installe avec les beaux jours. Ce phénomène reste méconnu et souvent minimisé, car l’été est traditionnellement associé aux vacances, au soleil, et à la détente.
Pourtant, les symptômes sont réels, comme le confirme la psychologue Zahra El Ghafsi, dans une intervention exclusive pour Descartes Magazine. Selon elle, « la dépression estivale peut durer de quelques semaines à plusieurs mois, avec des manifestations comme une anxiété des troubles du sommeil, un changement d’appétit ou un sentiment d’ennui profond. »
Des causes multiples et insidieuses :
La spécialiste évoque plusieurs facteurs susceptibles de déclencher cette dépression saisonnière :
- La chaleur excessive et une humidité élevée peuvent augmenter le stress physiologique et perturber la régulation hormonale. Le cortisol, hormone du stress, est produit en plus grande quantité, au détriment de la sérotonine et de la dopamine, les fameuses hormones du bonheur.
- Le changement de rythme de vie, notamment durant les vacances, modifie la qualité et la quantité de sommeil. « Une mauvaise hygiène de sommeil influence directement la santé mentale », précise Zahra El Gharbi.
- Enfin, le surplus de temps libre pousse parfois à la rumination. Certaines personnes se retrouvent face à elles-mêmes, sans distractions, et voient ressurgir souvenirs et blessures liées à des expériences passées, parfois ancrées dans cette période de l’année.
Un trouble sous-diagnostiqué, mais traitable
Moins visible que sa version hivernale, la dépression estivale est aussi moins souvent diagnostiquée. Beaucoup hésitent à consulter, pensant qu’il s’agit simplement d’un “coup de mou passager”.
Pourtant, il ne faut pas prendre ce trouble à la légère. Il peut être pris en charge efficacement, grâce à un accompagnement psychologique adapté, un travail sur les habitudes de vie (sommeil, alimentation, activité physique) et des techniques de relaxation comme la méditation ou la respiration consciente.
Dans les cas plus sévères, un traitement médicamenteux peut être envisagé.
Un appel à briser les idées reçues
Zahra El Gharbi insiste : « Il est essentiel de cesser de banaliser ces symptômes sous prétexte qu’ils surviennent en été. Ce n’est pas parce qu’il fait beau que l’on va forcément bien. »
Son message est clair : il est temps de reconnaitre que la dépression n’a pas de saison, seulement des formes multiples.
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