• العربية
  • Français
  • Mohamed Nadhir Daoud

    De la transformation digitale à l’intelligence artificielle, le parcours d’un ingénieur qui a choisi de changer de carrière

    Après près de quinze années d’expérience dans plusieurs domaines liés à la technologie, à l’industrie, à la transformation digitale et aux systèmes de qualité, Mohamed Nadhir Daoud a fait un choix radical : quitter un poste de direction dans une grande entreprise tunisienne pour se consacrer pleinement à l’intelligence artificielle.

    Aujourd’hui ingénieur spécialisé dans ce domaine, il s’intéresse aussi bien aux applications concrètes de l’IA qu’à la recherche scientifique, aux nouveaux métiers qui émergent et aux transformations profondes que cette technologie pourrait provoquer dans les prochaines années.

    Près de quinze ans d’expérience avant le virage vers l’IA

    Le parcours de Mohamed Nadhir Daoud ne commence pas avec l’intelligence artificielle.

    Pendant environ quinze ans, il évolue dans différents secteurs, notamment dans l’industrie, la transformation digitale et les systèmes de qualité. Cette expérience lui permet d’acquérir une solide compréhension du fonctionnement des entreprises, des processus industriels et des besoins concrets du terrain.

    C’est cette curiosité pour les nouvelles technologies qui l’amène progressivement à s’intéresser à un domaine qui, à l’époque, commence à attirer de plus en plus d’attention : l’intelligence artificielle.

    Son intérêt pour l’IA s’appuie également sur des bases importantes dans des disciplines comme les statistiques et les mathématiques, deux domaines fondamentaux pour comprendre le fonctionnement des systèmes d’intelligence artificielle.

    En 2023, il décide de changer de carrière

    En 2023, Mohamed Nadhir Daoud prend une décision importante.

    Alors qu’il occupe un poste de direction dans une grande entreprise en Tunisie, il choisit de quitter cette fonction pour effectuer un véritable changement de carrière et se consacrer à l’intelligence artificielle.

    Un choix qui peut paraître risqué, mais qui correspond à une conviction profonde : l’IA représente l’une des grandes transformations technologiques de notre époque.

    Ce changement lui permet de se consacrer davantage à l’apprentissage, à l’expérimentation et à la compréhension des différentes branches de l’intelligence artificielle.

    L’IA, bien plus que ChatGPT

    Pour Mohamed Nadhir Daoud, l’une des principales erreurs consiste à réduire l’intelligence artificielle aux outils que le grand public utilise quotidiennement.

    L’IA générative, les assistants conversationnels ou les modèles capables de produire du texte ne représentent qu’une partie d’un domaine beaucoup plus vaste.

    Derrière ces outils se trouvent plusieurs éléments fondamentaux : les données, les modèles, les algorithmes et la puissance de calcul nécessaire pour entraîner et faire fonctionner ces systèmes.

    La donnée reste notamment un élément central.

    Pour développer un système d’intelligence artificielle performant, il ne suffit pas de disposer d’un bon modèle. Il faut également comprendre les données disponibles, leur qualité et leur adéquation avec le problème que l’on cherche à résoudre.

    Dans de nombreux projets, une grande partie du travail consiste justement à collecter, préparer et analyser les données.

    L’intelligence artificielle : un outil puissant, mais pas une solution magique

    Mohamed Nadhir Daoud utilise une comparaison simple pour expliquer sa vision de l’IA.

    Une technologie peut être utilisée de manière positive ou négative, selon l’usage qu’en fait l’être humain.

    L’intelligence artificielle fonctionne de la même manière.

    Elle peut devenir un outil extrêmement utile pour améliorer la productivité, accélérer certaines tâches, aider à la recherche scientifique ou résoudre des problèmes complexes. Mais elle peut également être utilisée de manière irresponsable ou créer de nouveaux risques.

    L’un des principaux problèmes est de considérer l’IA comme une « baguette magique ».

    Un utilisateur ne peut pas simplement demander n’importe quoi à une intelligence artificielle et considérer automatiquement que la réponse obtenue est correcte.

    La qualité du résultat dépend notamment de la manière dont l’outil est utilisé, du contexte fourni et de la capacité de l’utilisateur à analyser la réponse.

    Le risque des « hallucinations »

    Les systèmes d’intelligence artificielle générative peuvent produire des réponses qui semblent parfaitement crédibles, alors qu’elles sont parfois incorrectes.

    C’est ce que l’on appelle notamment le phénomène des « hallucinations ».

    Une réponse peut être formulée avec assurance, être cohérente et donner l’impression d’être exacte. Pourtant, lorsqu’on commence à vérifier les détails, certaines informations peuvent s’avérer fausses ou imprécises.

    C’est pourquoi Mohamed Nadhir Daoud insiste sur l’importance de conserver un regard critique.

    L’intelligence artificielle peut faire gagner beaucoup de temps et améliorer considérablement la productivité. Mais l’utilisateur doit comprendre son domaine et être capable de vérifier les résultats obtenus.

    Autrement dit, l’IA ne remplace pas automatiquement l’expertise humaine.

    Elle peut renforcer les capacités d’un professionnel, mais elle ne dispense pas de comprendre son métier.

    Des nouveaux métiers apparaissent autour de l’IA

    Le développement rapide de l’intelligence artificielle fait également apparaître de nouveaux métiers.

    Pendant un certain temps, le Prompt Engineering a suscité beaucoup d’intérêt. Cette compétence consiste notamment à savoir formuler efficacement des instructions afin d’obtenir une réponse précise d’un système d’intelligence artificielle.

    Mais pour Mohamed Nadhir Daoud, cette compétence ne doit pas être considérée comme une simple capacité à « savoir poser une question ».

    Utiliser efficacement l’IA demande de comprendre les outils, leurs limites et le contexte dans lequel ils sont utilisés.

    D’autres fonctions apparaissent également dans les entreprises, notamment des profils capables de faire le lien entre les équipes techniques et les besoins opérationnels.

    Ces professionnels doivent à la fois comprendre les technologies et être capables d’analyser les besoins d’une entreprise.

    Dans ce contexte, les compétences techniques restent importantes, mais elles ne suffisent pas toujours.

    La compréhension du business, la capacité à identifier un problème concret et la communication avec les différents acteurs deviennent également essentielles.

    La donnée au cœur de l’intelligence artificielle

    L’intelligence artificielle repose en grande partie sur la donnée.

    Dans la recherche comme dans les applications en entreprise, une partie importante du travail consiste à comprendre les données disponibles et à déterminer comment les utiliser efficacement.

    Il n’est pas toujours nécessaire de créer un nouveau modèle à partir de zéro.

    Dans certains cas, il est possible d’utiliser un modèle déjà existant et de l’adapter à un besoin spécifique ou à un ensemble de données particulier.

    Cette approche permet notamment de développer des solutions adaptées à des cas d’usage précis.

    La disponibilité des données et la puissance de calcul restent donc parmi les principaux enjeux du développement de l’intelligence artificielle.

    L’IA peut accélérer la recherche scientifique

    L’un des scénarios les plus prometteurs concerne l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la recherche scientifique.

    L’IA peut aider les chercheurs à analyser de grandes quantités d’informations, à accélérer certaines étapes de recherche et à automatiser des tâches qui nécessitaient auparavant beaucoup de temps.

    À plus long terme, les systèmes pourraient devenir des assistants capables de participer davantage aux processus de recherche.

    L’objectif serait alors de permettre aux chercheurs de consacrer plus de temps aux questions complexes et moins aux tâches répétitives.

    L’intelligence artificielle pourrait ainsi contribuer à accélérer les progrès dans plusieurs domaines, notamment la médecine et les sciences.

    Des opportunités, mais aussi des risques

    Mohamed Nadhir Daoud considère que l’avenir de l’intelligence artificielle peut être très positif.

    Cette technologie peut améliorer la recherche scientifique, développer de nouveaux outils et contribuer à résoudre des problèmes complexes.

    Mais son développement pose également des questions importantes.

    La cybersécurité fait notamment partie des domaines qui pourraient être profondément transformés par l’IA.

    Des systèmes plus puissants peuvent être utilisés pour renforcer la sécurité, mais également pour automatiser ou améliorer certaines attaques informatiques.

    La question du contrôle des systèmes d’intelligence artificielle et de leur utilisation responsable devient donc essentielle.

    Le développement rapide de ces technologies s’accompagne également d’une forte communication et d’un marketing parfois très important autour des performances des différents modèles.

    Pour les utilisateurs, l’enjeu reste donc de conserver un regard critique et de comprendre les limites réelles de ces outils.

    L’expertise humaine reste indispensable

    Pour Mohamed Nadhir Daoud, le principal message est clair : l’intelligence artificielle est un outil extrêmement puissant, mais elle ne doit pas être utilisée aveuglément.

    Elle peut faire gagner du temps, améliorer la productivité et assister les professionnels dans de nombreuses tâches.

    Mais pour obtenir de bons résultats, il faut être capable de poser les bonnes questions, de comprendre les réponses et surtout de vérifier les informations produites.

    L’avenir ne reposera donc pas uniquement sur les machines.

    Il dépendra également de la capacité des humains à comprendre ces technologies, à les maîtriser et à les utiliser de manière intelligente et responsable.

    Car si l’intelligence artificielle continue de progresser rapidement, une chose reste essentielle : l’outil peut être puissant, mais c’est l’expertise humaine qui permet de savoir comment l’utiliser correctement.