• العربية
  • Français
  • Ingénieur en chimie industrielle, musicien, Maestro et fondateur de Dimouzika, Amine Dimassi a construit un parcours à la croisée de la science et de l’art. Mais derrière les diplômes, les expériences professionnelles et les projets, une passion née dans l’enfance a fini par s’imposer : la musique.

    Il y a des passions que l’on découvre. Et puis il y a celles qui nous accompagnent depuis l’enfance, jusqu’à devenir une partie de notre identité.

    Pour Amine Dimassi, la musique commence à l’âge de 7 ans. Une découverte précoce qui va progressivement se transformer en formation, puis en vocation.

    « J’ai appris la musique à l’âge de 7 ans. »

    À cette époque, sa sœur fréquentait déjà le conservatoire. Il découvre à son tour cet univers et commence à se préparer à intégrer le conservatoire. La formation devient alors une véritable école de vie.

    Il poursuit son parcours musical pendant plusieurs années et obtient son diplôme en musique arabe alors qu’il est encore très jeune.

    Mais au-delà de la formation académique, une autre passion commence à prendre forme : celle des percussions et particulièrement de la derbouka.

    « J’aimais beaucoup faire de la derbouka. »

    Une rencontre va alors jouer un rôle important dans son évolution : celle de son professeur Sinizar Al-Malki.

    « Sinizar m’a dit que j’avais besoin de faire de la derbouka. C’est comme ça que j’ai commencé. »

    Une passion nourrie par la famille

    Chez Amine Dimassi, la musique n’est pas seulement une affaire de formation. Elle est aussi liée à des souvenirs familiaux.

    Son père l’emmenait voir des spectacles et lui faisait découvrir progressivement l’univers de la scène. Une expérience qui va contribuer à développer son goût pour l’art et le spectacle vivant.

    « Ce qui m’a fait grandir, c’est l’amour pour l’art, l’amour pour les spectacles, pour la musique, pour tout ce qu’il y a autour. »

    Le soutien familial joue également un rôle essentiel dans cette construction.

    « Mon père a eu un rôle important. C’est lui qui m’a aidé. »

    Cette relation entre passion, famille et transmission restera présente tout au long de son parcours.

    Quand l’ingénieur rencontre l’artiste

    Le parcours d’Amine Dimassi aurait pourtant pu être complètement différent.

    Ingénieur en chimie industrielle, il travaille pendant plusieurs années dans le secteur industriel. Une carrière construite autour de la rigueur scientifique, de la méthode et de l’analyse.

    Pendant longtemps, les deux univers avancent en parallèle : l’industrie d’un côté, la musique de l’autre.

    Mais progressivement, une évidence s’impose.

    « J’ai travaillé douze ans dans le domaine. Mais la musique a gagné. »

    Cette phrase résume à elle seule un choix de vie.

    La musique devient progressivement davantage qu’une passion pratiquée en parallèle. Elle devient un espace de création, d’expression et d’épanouissement.

    « Je fais ce que je fais pour aimer, pour pouvoir créer, pour trouver de nouvelles idées, pour être motivé, pour m’améliorer. »

    Maestro : diriger, écouter, transmettre

    Sur scène, Amine Dimassi occupe aujourd’hui une place particulière : celle du Maestro.

    Mais être Maestro ne signifie pas simplement diriger un orchestre. C’est comprendre les musiciens, construire une cohésion, donner une direction et transformer plusieurs individualités en un seul ensemble musical.

    Cette dimension collective correspond profondément à sa vision de la musique.

    La confiance occupe une place centrale dans cette démarche.

    « Il y a de la confiance, de l’équipe, des gens qui sont sûrs de toi et qui sont heureux de toi. »

    Une conception qui dépasse largement la performance musicale. Pour Dimassi, un projet artistique réussi repose sur une équipe capable de travailler ensemble, de se soutenir et de partager la même passion.

    Dimouzika, un projet qui dépasse la musique

    Cette volonté de créer et de transmettre prend une dimension concrète avec Dimouzika, fondé en 2016. Le projet s’est développé autour de l’apprentissage musical, de la pratique collective et de la création artistique.

    Dimouzika rassemble des musiciens, des chanteurs et des passionnés autour de différents projets et spectacles. En 2024, le collectif a notamment ouvert le Festival International de Nabeul avec « Al Kitch », un spectacle dirigé par Amine Dimassi et réunissant musiciens et choristes autour d’un répertoire tunisien et oriental.

    Pour le Maestro, contribuer à ce type de projet représente bien plus qu’une simple prestation.

    « C’est un honneur pour nous de contribuer à la création, à l’évolution de l’art, à l’apprentissage des talents et à leur travail. »

    Faire grandir les talents

    L’un des aspects les plus importants de son parcours est justement cette volonté de transmettre.

    La réussite d’un artiste ne se mesure pas uniquement à ses propres performances. Elle peut aussi se mesurer à sa capacité à faire progresser les autres.

    Accompagner de jeunes musiciens, participer à leur formation, leur donner l’occasion de monter sur scène et leur permettre de prendre confiance : cette dimension collective occupe une place importante dans son approche.

    Et les résultats viennent renforcer cette motivation.

    Au fil des années, les projets auxquels il participe obtiennent plusieurs distinctions, notamment des prix lors de compétitions musicales et de festivals.

    Mais les récompenses ne constituent pas une fin en soi.

    « Les résultats nous font toujours plaisir. Ils restent nos objectifs et nous poussent toujours à nous améliorer. »

    L’art comme moteur

    Ce qui ressort du parcours d’Amine Dimassi, c’est finalement une idée simple : la passion n’est pas seulement une émotion. Elle peut devenir une force capable de transformer une trajectoire professionnelle.

    La chimie lui a apporté la rigueur. La musique lui a offert la création.

    L’ingénieur analyse. Le Maestro écoute.

    L’un travaille avec des procédés, l’autre avec des hommes, des instruments, des voix et des émotions.

    Et entre les deux, Amine Dimassi a choisi de ne pas renoncer à l’un pour vivre l’autre.

    Aujourd’hui, il continue à développer ses projets, à accompagner des artistes et à construire de nouveaux rendez-vous musicaux. Le prochain rendez-vous annoncé à Kif-Kif s’inscrit dans cette dynamique, avec un concept connu mais un programme renouvelé et volontairement plus varié.

    Car pour lui, rester immobile n’est pas une option.

    Créer, expérimenter, transmettre et progresser : voilà peut-être la véritable partition du Maestro.

    Et lorsqu’on lui demande ce qui fait avancer un artiste après toutes ces années, sa réponse tient en quelques mots :

    « Tant qu’il y a cette passion pour ce que tu aimes, les choses vont bien. »

    Amine Dimassi n’a donc pas seulement choisi la musique. Il a choisi d’en faire un espace de création, de transmission et de partage. Et c’est peut-être là que réside la différence entre jouer de la musique et devenir Maestro.