L’industrie automobile tunisienne ne se contente plus d’être un sous-traitant de proximité ; elle s’est imposée comme un maillon indispensable de la supply chain européenne. Avec plus de 280 entreprises spécialisées et une expertise reconnue dans les technologies de pointe, la Tunisie consolide sa position de leader continental
Un pilier de la chaîne de valeur mondiale : l’exemple TPS et Plastivaloire
Au cœur de cette dynamique, Tunisie Plastiques Systèmes (TPS), filiale du géant français Plastivaloire, illustre l’excellence du savoir-faire local. Implantée depuis 2004, l’entreprise gère aujourd’hui 3 sites de production en Tunisie, employant 850 collaborateurs, dont une forte concentration d’ingénieurs et techniciens hautement qualifiés.
- Capacité de production : TPS fabrique des composants pour 2 000 véhicules par jour.
- Expertise technique : Spécialisation en injection plastique, assemblage, décoration et ingénierie de précision.
- Rayonnement géographique : Une production majoritairement destinée à l’exportation vers l’Europe et au-delà.
L’affirmation selon laquelle “chaque voiture circulant en Europe contient au moins une pièce fabriquée en Tunisie” témoigne de l’omniprésence du pays dans l’écosystème automobile mondial, même si elle relève d’une réalité économique plus complexe que d’une statistique stricte.
La Tunisie, 2ème exportateur africain de composants automobiles
Le secteur est devenu un levier majeur de l’économie nationale, représentant environ 4 % du PIB. En 2022, l’industrie employait près de 90 000 personnes et générait 7,5 milliards de dinars d’exportations.
Vers un objectif de 13,5 milliards de dinars d’ici 2027
Grâce au Pacte de Compétitivité signé entre le gouvernement et la Tunisian Automotive Association (TAA), le pays ambitionne de doubler ses exportations pour atteindre 13,5 à 14 milliards de dinars d’ici 2027. Ce plan stratégique repose sur :
- La création de 60 000 à 150 000 nouveaux emplois qualifiés.
- L’augmentation du taux d’intégration locale de 40 % à 48 %.
- Une transition accélérée vers la mobilité électrique et durable.
Mobilité électrique et durabilité : les nouveaux défis technologiques
L’avenir du secteur réside dans l’adaptation aux enjeux de la décarbonation. Avec un taux d’intégration de 42 % dans certains véhicules, la Tunisie attire de plus en plus l’intérêt des constructeurs pour l’installation de sites de montage complets.
Cependant, des défis subsistent, notamment le besoin de renforcer l’infrastructure de recharge (seulement 60 stations actuellement) et d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix industriel. L’exonération totale des droits de douane sur les véhicules électriques depuis 2022 marque une volonté politique forte de stimuler ce segment.
Conclusion : La Tunisie n’est plus seulement une terre de câblage, mais un centre de développement de process pour les véhicules de demain. En misant sur l’ingénierie et la durabilité, le pays se prépare à accueillir son premier grand constructeur automobile pour un montage local intégral.
L’industrie tunisienne est-elle prête à devenir le centre névralgique du véhicule électrique en Méditerranée ?