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Dépression en Tunisie : une souffrance de plus en plus visible

Par DESCARTES MAGAZINE2 min
Dépression en Tunisie

La dépression figure parmi les troubles psychiques les plus répandus en Tunisie. Face à cette réalité, les consultations psychiatriques augmentent et la question de la santé mentale s’impose progressivement dans le débat public.

Selon la docteure Rania Hosni, du centre hospitalier Razi, les consultations ont progressé de 6 % en 2025 par rapport à 2024, tandis que les passages aux urgences psychiatriques ont augmenté de 9 %. Ces chiffres traduisent une hausse de l’activité hospitalière, sans mesurer à eux seuls l’évolution de la dépression dans l’ensemble de la population.

Les difficultés économiques, les tensions sociales et la pression quotidienne figurent parmi les facteurs susceptibles de fragiliser l’équilibre psychologique. Les jeunes, les personnes confrontées à la précarité et celles qui traversent des périodes difficiles peuvent notamment être exposées à une souffrance psychique importante.

Des chiffres qui révèlent un problème souvent invisible

Une étude nationale fondée sur les données de l’enquête tunisienne de santé de 2016 estime à 4,7 % la proportion de personnes de 15 ans et plus ayant déclaré avoir reçu un diagnostic médical de dépression au cours de leur vie. Ce chiffre ne correspond pas à la prévalence actuelle de la maladie : il ne prend pas en compte toutes les personnes qui souffrent sans avoir été diagnostiquées.

Chez les jeunes, les données sont également préoccupantes. Une analyse publiée dans The Lancet Psychiatry relève notamment des symptômes d’anxiété et de dépression chez une partie importante des adolescents tunisiens, dans un contexte marqué par les difficultés d’accès aux soins et la stigmatisation.

Mieux accompagner les patients et leurs familles

Pour renforcer l’accompagnement, plusieurs initiatives ont été développées au sein de l’hôpital Razi, notamment des programmes consacrés aux troubles bipolaires, aux premiers épisodes psychotiques et à l’implication des familles dans le parcours de soins.

Au-delà des structures hospitalières, l’enjeu reste celui du dépistage précoce, de l’accès aux professionnels et de la sensibilisation du public.

La dépression n’est ni une faiblesse ni une fatalité. Reconnaître les signes, demander de l’aide et consulter un professionnel constituent des étapes essentielles pour éviter que la souffrance psychique ne s’installe durablement.

Sources : La Presse (3 novembre 2026) ; étude nationale THES 2016 ; The Lancet Psychiatry (2025).

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