De la finance internationale à l’industrie automobile de prestige, en passant par les technologies financières, la construction et la grande distribution, cinq entrepreneurs d’origine tunisienne illustrent le dynamisme des compétences tunisiennes à l’échelle mondiale.
L’entrepreneuriat tunisien ne se limite pas aux frontières nationales. À travers leurs investissements, leurs entreprises et leurs projets internationaux, plusieurs hommes d’affaires tunisiens contribuent aujourd’hui à façonner des secteurs économiques stratégiques en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.
En 2026, cinq parcours retiennent particulièrement l’attention : Hazem Ben-Gacem, Mohamed Seddiki, Fathi Neifar, Moez-Alexandre Zouari et Kamel Lazaar. Des trajectoires différentes, mais un point commun : une ambition internationale et une capacité à faire évoluer leurs activités sur des marchés particulièrement compétitifs.
1. Hazem Ben-Gacem : un Tunisien au cœur de l’univers Bugatti
Parmi les personnalités tunisiennes qui se distinguent dans la finance internationale, Hazem Ben-Gacem occupe une place particulière.
Fondateur et directeur général de BlueFive Capital, société d’investissement basée à Abou Dhabi, il dispose d’une expérience de plus de trente ans dans le secteur du capital-investissement. Avant de lancer sa propre structure en 2024, il a notamment occupé des fonctions de direction au sein d’Investcorp, où il a supervisé d’importantes opérations d’investissement à l’échelle internationale.
En 2026, BlueFive Capital franchit une étape majeure en participant au consortium qui a conclu un accord pour acquérir les participations de Porsche dans Bugatti Rimac. L’opération porte sur 45 % de Bugatti Rimac et 20,6 % de Rimac Group. BlueFive Capital est présenté comme le principal investisseur du consortium, dont HOF Capital assure la conduite.
Cette opération stratégique, encore soumise aux autorisations réglementaires, témoigne de l’ambition du groupe de s’imposer dans l’univers du luxe et de l’automobile de haute performance.
Selon les informations publiées en septembre 2026, BlueFive Capital gère environ 15 milliards de dollars d’actifs. Un développement remarquable pour une société lancée fin 2024.
2. Mohamed Seddiki : MovePayment, l’ambition tunisienne dans la fintech mondiale
Dans un secteur dominé par de grands acteurs internationaux, Mohamed Seddiki entend apporter une nouvelle dimension aux transferts d’argent internationaux.
Fondateur de MovePayment, entreprise de technologie financière basée en Allemagne, cet entrepreneur tunisien développe des solutions numériques destinées à simplifier les paiements et les transferts d’argent entre les pays.
Son projet repose sur une problématique concrète : les difficultés rencontrées par les personnes vivant à l’étranger lorsqu’elles souhaitent envoyer de l’argent à leurs familles, notamment les frais élevés, les délais et les procédures parfois complexes.
Lancée en 2024, MovePayment a progressivement développé ses activités dans les paiements numériques et les transferts transfrontaliers. L’entreprise a notamment annoncé des corridors de transfert entre l’Europe et l’Afrique, avec un intérêt particulier pour la Tunisie et le Maroc.
Son développement s’étend également à d’autres marchés, notamment le Cameroun et l’Inde, selon les communications de son fondateur.
L’entreprise ambitionne de poursuivre son expansion internationale et de renforcer ses infrastructures financières. L’objectif affiché est de proposer une alternative numérique compétitive aux opérateurs traditionnels du transfert d’argent, à l’image de Western Union.
Une ambition qui illustre le potentiel des entrepreneurs tunisiens dans l’économie numérique mondiale.
3. Fathi Neifar : le savoir-faire tunisien au service des grands projets en Libye
Dans le secteur de la construction et des infrastructures, Fathi Neifar représente un autre exemple de réussite entrepreneuriale tunisienne à l’international.
Fondateur du Groupe Neifar, créé en 1980, il a développé une entreprise dont les activités couvrent plusieurs domaines, notamment la construction, le génie civil, l’industrie et l’immobilier.
En Libye, son groupe participe à d’importants projets d’infrastructures, notamment dans le secteur de la santé.
À travers la société libyo-tunisienne de construction générale, le groupe intervient dans la réalisation de projets hospitaliers majeurs à Benghazi, notamment un établissement consacré à la médecine et à la chirurgie pédiatriques, ainsi qu’un hôpital dédié à la maternité et aux maladies gynécologiques.
Le projet hospitalier pédiatrique prévoit une capacité d’environ 490 lits, tandis que les informations publiées en avril 2026 font état de 65 couveuses pour nouveau-nés.
Ces réalisations témoignent de la contribution des compétences et des entreprises tunisiennes aux grands chantiers de reconstruction et de développement en Libye.
Au-delà des marchés remportés, ce parcours met en lumière la place que peut occuper l’expertise tunisienne dans les projets structurants de la région.
4. Moez-Alexandre Zouari : une réussite familiale dans la grande distribution française
Dans le paysage économique français, Moez-Alexandre Zouari s’est imposé comme une figure importante de la grande distribution.
D’origine tunisienne, cet entrepreneur a construit progressivement son parcours dans le commerce de proximité avant de développer une stratégie d’investissement dans plusieurs enseignes françaises.
Son portefeuille d’activités comprend notamment des enseignes connues comme Picard, Stokomani et Maxi Bazar, ainsi que différentes participations dans le commerce alimentaire et non alimentaire.
Sa stratégie repose sur une approche combinant distribution, acquisitions et investissements immobiliers, avec une attention particulière portée au commerce de proximité et aux enseignes spécialisées.
Le Family Office Zouari présente aujourd’hui un portefeuille de plus de 350 magasins exploités sous différentes enseignes, environ 6 000 salariés et un chiffre d’affaires annuel de 3 milliards d’euros généré par les magasins opérés par le groupe, selon les données affichées sur son site officiel.
Cette trajectoire illustre la capacité d’un entrepreneur d’origine tunisienne à construire un écosystème commercial de grande ampleur sur l’un des marchés les plus concurrentiels d’Europe.
5. Kamel Lazaar : la finance internationale au service des investissements stratégiques
Banquier d’investissement tuniso-suisse, entrepreneur et philanthrope, Kamel Lazaar figure parmi les personnalités tunisiennes reconnues dans les milieux économiques et financiers internationaux.
Fondateur de Swicorp, société d’investissement privée active notamment dans la région MENA, il a développé une expérience importante dans les investissements, les opérations financières et le développement de projets économiques.
Son parcours se distingue par une approche diversifiée de l’investissement, couvrant plusieurs secteurs et différents marchés internationaux.
En Tunisie, l’un des projets énergétiques associés à Swicorp concerne le développement d’un parc éolien à Chenini, dans le gouvernorat de Tataouine, en partenariat avec le groupe espagnol Acciona.
Ce projet prévoit une capacité de production de 75 mégawatts et la mise en place de 14 éoliennes. L’investissement annoncé est estimé à environ 500 millions de dinars, soit près de 164 millions de dollars.
Au-delà de ses activités économiques, Kamel Lazaar est également connu pour son engagement en faveur de la culture et du patrimoine à travers la Fondation Kamel Lazaar, créée en 2005.
Son parcours illustre une vision de l’investissement qui associe développement économique, ouverture internationale et contribution aux secteurs stratégiques.
Des réussites différentes, une même ambition internationale
Ces cinq parcours témoignent de la diversité des domaines dans lesquels les entrepreneurs tunisiens peuvent s’imposer à l’international.
Finance et investissements, fintech, construction, grande distribution ou énergies renouvelables : autant de secteurs dans lesquels des compétences et des initiatives tunisiennes participent à des projets de dimension internationale.
Leur réussite rappelle également que l’entrepreneuriat tunisien ne se mesure pas uniquement à la taille des entreprises créées en Tunisie, mais aussi à leur capacité à conquérir de nouveaux marchés, à attirer des investissements et à développer des activités au-delà des frontières.
Une source d’inspiration pour une nouvelle génération d’entrepreneurs tunisiens qui ambitionnent, eux aussi, de faire de leurs projets des réussites internationales.
DESCARTES Magazine – Le magazine des Tunisiens qui bougent.
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