Du 30 octobre au 1er novembre 2026, la ville de Nabeul a accueilli la 12ᵉ édition du Festival de la Harissa. Organisée par l’Association pour la Sauvegarde de la Ville de Nabeul (ASVN), cette manifestation a réuni producteurs, artisanes, passionnés de gastronomie et visiteurs autour de l’un des symboles les plus emblématiques du patrimoine culinaire tunisien. Entre expositions, ateliers vivants, rencontres scientifiques et expériences gastronomiques, cette édition a également marqué une nouvelle étape dans le développement du festival, avec son ouverture sur l’avenue Habib-Bourguiba.
Pendant trois jours, Nabeul a vécu au rythme du piment rouge et des traditions culinaires du Cap Bon. La 12ᵉ édition du Festival de la Harissa s’est achevée ce dimanche 1er novembre, après avoir proposé au public une immersion dans un patrimoine qui dépasse largement le cadre de la gastronomie.
À travers cette manifestation, l’Association pour la Sauvegarde de la Ville de Nabeul a une nouvelle fois mis en lumière un savoir-faire transmis de génération en génération, tout en offrant une vitrine aux producteurs, aux femmes artisanes et aux acteurs du patrimoine local.
Une nouvelle dimension pour le Festival de la Harissa
L’une des particularités de cette édition 2026 a été le déplacement d’une partie importante des activités commerciales vers l’avenue Habib-Bourguiba, au cœur de Nabeul.
Un grand chapiteau a accueilli les exposants et les artisans, avec une trentaine d’espaces consacrés notamment à la présentation et à la vente des différentes variétés de piments, de harissa, d’épices et des produits associés à leur préparation.
Cette ouverture sur l’espace public a permis d’élargir le périmètre de la manifestation, de renforcer sa visibilité et de rapprocher davantage le festival des habitants et des visiteurs.
Dar Nabeul, siège de l’ASVN, a parallèlement conservé son rôle de centre culturel et patrimonial, en accueillant les ateliers artistiques, les démonstrations et les rencontres scientifiques.
Cette organisation sur deux espaces complémentaires a constitué l’une des évolutions marquantes de cette douzième édition.
La harissa tunisienne, un patrimoine reconnu par l’UNESCO
Au-delà de sa dimension gastronomique, le festival a rappelé l’importance culturelle et historique de la harissa tunisienne.
En décembre 2022, les savoirs, savoir-faire et pratiques culinaires et sociales associés à la harissa tunisienne ont été inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.
Cette reconnaissance internationale concerne tout un héritage : la culture du piment, son séchage, sa préparation, son broyage, son assaisonnement et sa conservation.
Elle met également en valeur les pratiques sociales et familiales qui accompagnent cette préparation, ainsi que le rôle essentiel des femmes dans la transmission de ces connaissances.
Le Festival de la Harissa s’inscrit ainsi dans une démarche de préservation et de valorisation de ce patrimoine vivant.
Des ateliers pour transmettre les gestes traditionnels
À Dar Nabeul, les visiteurs ont pu découvrir plusieurs ateliers consacrés aux savoir-faire traditionnels.
La fabrication de la harissa a notamment occupé une place centrale, à travers des démonstrations permettant de découvrir les différentes étapes de sa préparation.
Des ateliers de mosaïque, de calligraphie arabe et de poterie artisanale ont également enrichi le programme culturel.
La gastronomie traditionnelle a, elle aussi, été mise à l’honneur avec des séances de dégustation consacrées à des recettes et à des préparations parfois oubliées.
La diversité des recettes présentées a notamment permis de rappeler l’existence de plusieurs variétés de harissa, parmi lesquelles la harissa arbi, la harissa mdachcha et la harissa mfawra.
Quand la pizza napolitaine rencontre la harissa nabeulienne
L’une des attractions originales de cette édition a été la rencontre entre deux traditions culinaires méditerranéennes : la pizza napolitaine et la harissa tunisienne.
Des pizzaïolos italiens ont participé à cette édition pour présenter des créations associant leur savoir-faire à l’un des produits emblématiques de Nabeul.
Cette expérience gastronomique a illustré les possibilités d’intégration de la harissa dans des recettes internationales, tout en mettant en avant son potentiel auprès de nouveaux publics.
Une rencontre entre tradition et innovation qui a donné une dimension supplémentaire à cette manifestation.
La recherche et le patrimoine au cœur des échanges
Le volet scientifique a également occupé une place importante dans cette douzième édition.
Les rencontres ont notamment abordé les variétés locales de piments, les semences traditionnelles nabeuliennes et le processus de reconnaissance internationale de la harissa tunisienne.
Les étudiants de la Faculté d’architecture de Sousse ont également contribué au programme avec la présentation de maquettes de la ville de Nabeul inspirées de l’univers du piment et de la harissa.
Par ailleurs, une conférence consacrée aux traditions culinaires et à la préparation des provisions d’autrefois a été présentée par la Dr Salma Laribi, chercheuse spécialisée dans le patrimoine traditionnel tunisien.
Ces interventions ont permis de replacer la harissa dans un contexte plus large : celui de la mémoire collective, de l’histoire alimentaire et de la transmission des connaissances.
Les femmes artisanes, au cœur de cette célébration
Impossible d’évoquer le Festival de la Harissa sans mettre en lumière celles qui contribuent quotidiennement à préserver ce savoir-faire.
Les femmes agricultrices, productrices et artisanes ont occupé une place importante dans cette manifestation. Leurs produits, leurs méthodes de préparation et leurs expériences ont permis aux visiteurs de découvrir la richesse des traditions locales.
La poterie artisanale a également trouvé sa place dans cette célébration, avec des créations inspirées du piment, de la harissa et de l’identité culturelle de Nabeul.
Au-delà de la visibilité offerte aux exposantes, le festival a constitué une occasion de favoriser les échanges directs entre producteurs et consommateurs et de valoriser les circuits de commercialisation des produits locaux.
Nabeul, une identité qui se transmet
Avec cette 12ᵉ édition, le Festival de la Harissa a confirmé l’importance de son rendez-vous annuel dans le paysage culturel et gastronomique tunisien.
L’ouverture sur l’avenue Habib-Bourguiba, la mobilisation des artisans, les ateliers de transmission, les rencontres scientifiques et les expériences culinaires ont contribué à donner à cette édition une dimension qui dépasse la simple exposition commerciale.
Car derrière un produit aussi familier que la harissa se cachent une histoire, des gestes, des traditions et tout un patrimoine humain.
La clôture de cette édition, ce dimanche 1er novembre 2026, marque ainsi la fin de trois journées consacrées à la valorisation du terroir nabeulien.
À Nabeul, la harissa n’est pas seulement une recette que l’on prépare et que l’on déguste. C’est une identité que l’on cultive, un patrimoine que l’on partage et une tradition que l’on transmet.
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