À l’occasion de la journée de sensibilisation organisée le 18 octobre 2026 à la Polyclinique Cardiologique de Nabeul, dans le cadre d’Octobre Rose, le Dr Abdennaceur Bouattour, spécialiste en chirurgie maxillo-faciale et esthétique et ancien assistant hospitalo-universitaire, a abordé un sujet essentiel dans le parcours de soins des femmes touchées par le cancer du sein : la reconstruction mammaire.
Organisée dans une dynamique de sensibilisation et d’accompagnement, cette journée a rassemblé plus de 500 femmes autour de la prévention, du dépistage et de l’information sur le cancer du sein. DESCARTES Magazine, partenaire média de l’événement, a rencontré le Dr Bouattour pour évoquer les possibilités offertes par la chirurgie reconstructrice et son rôle dans le rétablissement physique et psychologique des patientes.
La reconstruction mammaire, une étape vers le mieux-être
Après une mastectomie, c’est-à-dire l’ablation d’un sein dans le cadre du traitement d’un cancer, certaines femmes peuvent envisager une reconstruction mammaire. Cette intervention vise à restaurer le volume et la forme du sein afin de retrouver une silhouette plus harmonieuse et de mieux vivre les changements corporels liés à la maladie.
Comme l’explique le Dr Abdennaceur Bouattour, la reconstruction peut contribuer au confort quotidien des patientes, notamment en leur permettant de se sentir plus à l’aise dans leurs vêtements et de moins dépendre de prothèses externes.
Au-delà de l’aspect esthétique, cette démarche peut également participer à la reconstruction psychologique. Pour certaines femmes, retrouver une apparence corporelle qui leur correspond constitue une étape importante pour reprendre confiance en elles et tourner progressivement une page difficile de leur vie.
Une reconstruction adaptée à chaque patiente
Le choix de la technique dépend de plusieurs facteurs, notamment de l’état de santé de la patiente, des traitements reçus, de son anatomie et de ses attentes.
Le Dr Bouattour distingue notamment deux grandes approches : la reconstruction à l’aide d’implants mammaires en silicone et celle faisant appel aux propres tissus de la patiente, comme la peau et les muscles prélevés dans une autre région du corps.
La reconstruction peut être immédiate, réalisée au cours de la même intervention que la mastectomie, ou différée, après une période de récupération. Selon les situations, elle peut être envisagée plusieurs mois après l’opération initiale, en concertation avec l’équipe médicale.
D’autres interventions peuvent compléter le processus, notamment pour améliorer la symétrie entre les deux seins ou reconstruire l’aréole et le mamelon. Ces étapes restent facultatives et sont discutées avec la patiente en fonction de ses souhaits et de son parcours médical.
Un suivi médical indispensable
Le spécialiste souligne également l’importance de maintenir un suivi médical régulier après une reconstruction mammaire. Cette intervention ne remplace ni la surveillance oncologique ni les traitements prescrits.
La décision d’entreprendre une reconstruction doit être prise en concertation avec les professionnels de santé, en tenant compte de la situation clinique de chaque patiente. Le calendrier et les techniques doivent être adaptés au parcours thérapeutique, notamment lorsque des traitements complémentaires sont nécessaires.
L’objectif est de proposer une prise en charge individualisée, dans laquelle la sécurité médicale et le bien-être de la patiente restent prioritaires.
Retrouver confiance en soi après la maladie
À travers son intervention, le Dr Abdennaceur Bouattour rappelle que la reconstruction mammaire représente une possibilité pour les femmes qui souhaitent retrouver une apparence corporelle dans laquelle elles se sentent bien. Elle ne constitue toutefois pas une obligation : chaque patiente reste libre de choisir la démarche qui lui convient, après avoir été informée des possibilités et des limites de chaque technique.
« Nous sommes là pour vous écouter, vous conseiller et vous traiter », souligne le spécialiste à la fin de son intervention.
Cette approche résume l’importance d’un accompagnement médical attentif, qui prend en considération aussi bien les besoins physiques que les dimensions psychologiques et personnelles du rétablissement.
À travers cette journée organisée à la Polyclinique Cardiologique de Nabeul, Octobre Rose rappelle ainsi que la lutte contre le cancer du sein ne se limite pas au dépistage et aux traitements. L’information, l’accompagnement et la qualité de vie après la maladie occupent également une place essentielle dans le parcours des femmes concernées.
DESCARTES Magazine, partenaire média de cette initiative, poursuit son engagement en faveur de la sensibilisation, de la prévention et de la valorisation des initiatives qui font avancer la santé et la société en Tunisie.

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