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Les hammams de Hammamet : une mémoire vivante du patrimoine à préserver

Par admin6 min

Au cœur de la médina et dans les anciens quartiers de la ville, les hammams traditionnels ont longtemps rythmé la vie quotidienne des habitants de Hammamet. Si certains sont encore en activité, d’autres ont fermé leurs portes, laissant derrière eux une mémoire précieuse du patrimoine architectural et des traditions locales.

Hammamet, une ville dont le nom évoque les bains

Le nom de Hammamet, ville côtière du Cap Bon réputée pour son histoire et son patrimoine, suscite depuis longtemps plusieurs interprétations. L’explication la plus répandue le rattache au mot arabe « hammam », qui désigne un bain ou un établissement de bains. Le nom « Hammamet » serait ainsi associé à la présence de bains traditionnels dans la région.

D’autres explications, davantage populaires, évoquent les pigeons, appelés « hamama » en arabe, ou encore une légende orale faisant référence à un homme nommé Hamma, dont la mort aurait donné naissance à l’expression « Hamma met ». Ces versions appartiennent à la mémoire populaire et ne constituent pas des origines historiquement établies.

Au-delà de ces hypothèses, les hammams occupent une place particulière dans l’histoire de Hammamet. Bien plus que de simples lieux d’hygiène, ils étaient des espaces de rencontre, de détente et de partage, profondément ancrés dans les habitudes sociales des habitants.

Des lieux de vie qui ont marqué plusieurs générations

Des années 1950 aux années 1980, les hammams traditionnels faisaient partie intégrante du quotidien de nombreuses familles hammamétoises. Ils accompagnaient les moments importants de la vie sociale et familiale et constituaient des lieux de convivialité où se transmettaient les habitudes et les traditions.

Dans la médina comme dans les anciens quartiers, plusieurs établissements ont ainsi marqué la mémoire collective. Certains poursuivent leur activité, tandis que d’autres ont progressivement fermé leurs portes, victimes du temps, des difficultés de gestion ou de situations patrimoniales complexes.

Hammam Lahbès : un patrimoine en attente de renaissance

Situé au cœur de la médina, Hammam Lahbès compte parmi les établissements emblématiques de l’histoire locale. Associé à la famille Baâssoumi, ce hammam a longtemps occupé une place importante dans la vie traditionnelle de la ville.

Aujourd’hui fermé, le bâtiment nécessite d’importants travaux de rénovation. Sa restauration représente un enjeu patrimonial majeur, d’autant que le bien appartient à la municipalité de Hammamet.

Au-delà de son état actuel, Hammam Lahbès symbolise une partie de la mémoire de la médina. Sa sauvegarde pourrait permettre de préserver un témoignage architectural des anciens bains maures et de transmettre cet héritage aux générations futures.

Une réflexion autour d’un projet de restauration mériterait ainsi d’être engagée, avec la participation des autorités locales, d’associations patrimoniales, de mécènes et, éventuellement, d’investisseurs privés dans le cadre d’un partenariat adapté au statut du bâtiment. L’objectif serait de redonner vie à ce lieu tout en respectant son histoire et son identité.

Hammam Belgueyth : une tradition qui perdure

Autre établissement historique de la médina, Hammam Belgueyth appartient à la mémoire familiale et sociale de Hammamet. Il était lié à feu Mohamed Salah, connu sous le surnom d’« Edayki », à son fils feu Fethi Salah et à leur famille.

Contrairement à plusieurs autres hammams de la ville, cet établissement est toujours en activité. Il accueille aujourd’hui une clientèle exclusivement féminine.

Sa continuité témoigne de la capacité de certains bains traditionnels à conserver leur fonction d’origine malgré les transformations des modes de vie. Il constitue ainsi un lien concret entre les pratiques d’hier et celles d’aujourd’hui.

Dans les quartiers de Hammamet, d’autres hammams ont fermé leurs portes

L’histoire des bains traditionnels ne se limite pas à la médina. Plusieurs quartiers de Hammamet abritaient également des établissements qui ont marqué le quotidien de leurs habitants.

À Houeneth, Hammam Kilani était connu pour son architecture traditionnelle. Aujourd’hui fermé, il représente un autre exemple de ces lieux dont la disparition progressive pose la question de la conservation du patrimoine bâti.

Dans le même secteur, Hammam Antar poursuit, quant à lui, son activité. Il accueille aussi bien les hommes que les femmes, perpétuant ainsi une tradition toujours présente dans certaines parties de la ville.

Du côté du quartier Jebli, Hammam Youssef figure également parmi les établissements aujourd’hui fermés. Sa fermeture serait liée à des difficultés de succession, selon les informations rapportées localement.

Dans ce même secteur se trouvait Hammam Dalila, associé à la famille Belkaïed. Fermé depuis plusieurs années, il fait lui aussi partie de ces lieux qui témoignent d’une époque où les bains traditionnels occupaient une place essentielle dans la vie des quartiers.

Ces établissements racontent une histoire qui dépasse celle de simples bâtiments. Ils reflètent l’organisation sociale de la ville, les relations de voisinage et les traditions familiales qui ont façonné l’identité de Hammamet.

Préserver les hammams, c’est préserver une partie de l’identité de Hammamet

La fermeture progressive de plusieurs hammams soulève une question essentielle : que restera-t-il de ces lieux si aucune initiative n’est engagée pour les préserver ?

La sauvegarde de ce patrimoine ne signifie pas nécessairement que tous les établissements doivent retrouver leur fonction initiale. Selon leur état, leur statut juridique et leurs caractéristiques architecturales, différentes solutions pourraient être étudiées : restauration, réhabilitation, valorisation culturelle ou intégration dans un parcours de découverte du patrimoine de la médina et des anciens quartiers.

Une première étape consisterait à réaliser un inventaire des hammams historiques de Hammamet, à documenter leur histoire, à évaluer leur état de conservation et à identifier les possibilités de restauration. Une telle démarche permettrait de distinguer les bâtiments encore fonctionnels de ceux qui nécessitent une intervention urgente.

Le cas de Hammam Lahbès mérite une attention particulière. Sa situation rappelle que la protection du patrimoine ne repose pas uniquement sur la valeur d’un bâtiment, mais aussi sur la volonté collective de le transmettre.

Les anciens hammams sont les témoins silencieux d’une autre époque. Ils racontent la vie quotidienne des habitants, leurs habitudes et leurs traditions. Les préserver, c’est donner à Hammamet les moyens de conserver une part essentielle de son histoire.

Car une ville ne se résume pas à ses plages, à ses hôtels ou à son attractivité touristique. Elle se reconnaît aussi à ces lieux chargés de mémoire qui racontent son âme. Et les hammams traditionnels font incontestablement partie de cette mémoire.

DESCARTES Magazine — Le magazine des Tunisiens qui bougent.

#aux fermetures et aux éventuels problèmes de succession sont reprises de votre texte. Il serait préférable de les confirmer auprès de sources locales avant publication #les informations relatives aux familles propriétaires #notamment pour les établissements fermés et le statut de propriété de Hammam Lahbès.

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