Un investissement initial de 5 millions de dollars, une unité industrielle de 3 000 m² et un démarrage prévu en 2028 : le groupe turc AKSA Composites, filiale d’Akkök Holding, franchit une nouvelle étape dans son développement international en choisissant la Tunisie pour implanter sa première unité de production sur le continent africain.
La Tunisie continue de renforcer sa position dans les industries aéronautiques et les matériaux avancés. Le 24 septembre 2026, AKSA Composites, filiale du groupe turc Akkök Holding, a officiellement concrétisé son implantation en Tunisie avec la signature d’un bail industriel au Technopole de Borj Cédria.
Le projet prévoit un investissement initial d’environ 5 millions de dollars et la création d’une nouvelle société baptisée Aksa Tunisie Aéronautique. Selon les informations communiquées par le groupe et les autorités tunisiennes, l’entreprise prévoit de construire une unité de production couverte d’environ 3 000 m², dont la mise en service est programmée pour 2028.
Une première implantation d’AKSA Composites en Afrique
L’importance du projet dépasse son montant financier.
Selon la FIPA-Tunisia, cette implantation représente la première présence d’AKSA Composites sur le continent africain. Elle constitue également la première implantation en Tunisie d’un acteur aéronautique turc de cette dimension.
À travers Aksa Tunisie Aéronautique, le groupe entend développer en Tunisie une activité industrielle spécialisée dans la fabrication de composants avancés destinés notamment au secteur aéronautique.
L’investissement s’inscrit dans une stratégie plus large visant à élargir l’infrastructure de production internationale d’AKSA Composites et à renforcer sa position dans les chaînes d’approvisionnement mondiales de l’industrie aéronautique.
Des matériaux composites au cœur du projet
AKSA Composites est spécialisée dans les matériaux composites avancés et les composants à haute valeur ajoutée destinés notamment aux secteurs de l’aéronautique, du spatial et de la défense.
Le groupe dispose de compétences couvrant la conception, l’ingénierie, la fabrication de moules, la production de pièces composites et leur assemblage. Ses capacités industrielles comprennent également l’usinage, la transformation de tôles, les traitements thermiques et les traitements de surface.
L’entreprise indique travailler selon les standards exigeants de l’industrie aéronautique et disposer notamment des certifications AS9100 et NADCAP. Ses références comprennent des acteurs majeurs de l’industrie aéronautique et de la défense, parmi lesquels Airbus, Baykar et TUSAŞ.
Il convient toutefois de préciser que la présence de ces groupes dans le portefeuille ou les références internationales d’AKSA Composites ne signifie pas que l’usine tunisienne produira nécessairement directement pour chacun d’entre eux. Les programmes et clients qui seront servis depuis Borj Cédria n’ont pas encore été publiquement détaillés.
Une première phase qui devrait créer 50 à 60 emplois directs
Le projet devrait également contribuer au développement de l’emploi industriel qualifié en Tunisie.
Selon les informations communiquées lors de l’annonce de l’investissement, la première phase devrait permettre la création d’environ 50 à 60 emplois directs. La construction, l’installation des équipements, leur mise en service ainsi que les processus de qualification doivent précéder le démarrage industriel prévu en 2028.
Au-delà des emplois directs, l’arrivée d’un nouvel acteur spécialisé dans les matériaux composites peut également ouvrir des perspectives pour les fournisseurs locaux, les ingénieurs, les techniciens et les structures tunisiennes de formation et de recherche.
Le projet prévoit d’ailleurs le développement de collaborations avec les institutions publiques, les entreprises industrielles, les universités et les établissements de formation technique tunisiens, dans une logique de développement des compétences et de transfert technologique.
Pourquoi la Tunisie ?
Pour AKSA Composites, le choix de la Tunisie n’est pas uniquement lié à sa proximité géographique.
Le groupe met notamment en avant la qualité des ressources humaines tunisiennes, l’existence d’un écosystème aéronautique déjà développé et la proximité de l’Europe.
« La main-d’œuvre qualifiée de la Tunisie, son écosystème aéronautique développé et sa proximité avec les marchés européens ont joué un rôle important dans notre décision d’investissement », a expliqué Abdullah Ocak, directeur général d’AKSA Composites.
L’objectif affiché est de combiner l’expertise tunisienne dans l’industrie aéronautique avec les capacités d’ingénierie, de production et l’expérience internationale d’AKSA Composites afin de créer une plateforme industrielle compétitive.
Un projet préparé depuis 2025
L’implantation annoncée en septembre 2026 est l’aboutissement de plusieurs mois de discussions.
Les premiers contacts entre AKSA Composites et l’écosystème aéronautique tunisien remontent au Hamburg Aviation Forum 2025. Le GITAS – Groupement des Industries Tunisiennes Aéronautiques et Spatiales a joué un rôle dans la mise en relation avec l’entreprise turque, avant que la FIPA-Tunisia accompagne les différentes étapes du projet, notamment le choix du site et les démarches liées à l’implantation.
En juillet 2026, la FIPA avait déjà annoncé publiquement qu’AKSA Composites préparait une implantation à Borj Cédria. La signature du bail industriel du 24 septembre marque donc le passage d’un projet en préparation à une nouvelle étape concrète de son développement en Tunisie.
Un signal fort pour l’industrie aéronautique tunisienne
L’arrivée d’AKSA Composites intervient dans un secteur aéronautique tunisien déjà fortement intégré aux chaînes de valeur internationales.
La Tunisie compte plus de 85 entreprises actives dans la filière aéronautique et plus de 20 000 emplois selon les données communiquées par la FIPA lors d’Aerospace Meetings Tunisia en juillet 2026.
L’implantation d’un spécialiste des matériaux composites constitue ainsi une opportunité de faire évoluer davantage la filière tunisienne vers des activités à plus forte valeur ajoutée.
Les matériaux composites sont devenus essentiels dans l’industrie aéronautique moderne en raison notamment de leur rapport résistance/poids et de leur capacité à répondre aux exigences de performance des aéronefs de nouvelle génération. Pour la Tunisie, attirer ce type d’activité signifie renforcer progressivement les compétences locales dans des métiers industriels et technologiques plus complexes.
Une première enveloppe appelée à évoluer ?
Les 5 millions de dollars annoncés correspondent à la première phase du projet.
AKSA Composites présente cette implantation comme une étape de son développement international et non comme un investissement isolé. Le groupe vise notamment l’extension de ses capacités de production à l’international et le renforcement de sa position dans la chaîne mondiale d’approvisionnement aéronautique.
C’est donc moins le montant initial que la trajectoire potentielle du projet qui mérite d’être suivie.
Si la première unité de 3 000 m² atteint ses objectifs industriels, la Tunisie pourrait progressivement accueillir de nouvelles capacités, de nouveaux programmes et davantage de compétences dans les composites aéronautiques.
De Borj Cédria vers les chaînes mondiales de l’aéronautique
Avec Aksa Tunisie Aéronautique, la Tunisie accueille ainsi un nouvel acteur international spécialisé dans une technologie stratégique pour l’industrie aéronautique.
Le projet réunit plusieurs éléments : un investissement étranger, une production industrielle à forte valeur ajoutée, la création d’emplois qualifiés, le transfert de compétences et une intégration plus poussée dans les chaînes de valeur internationales.
Le rendez-vous est désormais fixé à 2028, année prévue pour le démarrage de l’unité de Borj Cédria.
Pour la Tunisie, l’enjeu sera de transformer cette première implantation en une véritable plateforme industrielle capable d’attirer de nouveaux investissements et de faire monter en gamme tout l’écosystème aéronautique.
AKSA Composites ouvre ainsi un nouveau chapitre de son développement international en Tunisie. Et pour l’industrie tunisienne, ce projet pourrait être bien plus qu’une nouvelle usine : un accélérateur dans la course aux matériaux avancés et à l’aéronautique de nouvelle génération.
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